Pour aider les soignants, Bakary Meité, rugbyman professionnel à Carcassonne, en pro D2, a choisi de s’engager en tant qu’agent d’entretien dans d’un hôpital parisien. Une façon pour lui de se rendre utile, mais aussi de rendre hommage à sa mère dont c'était le métier pendant 30 ans.

Bakary Meïté rugbyman venu aider dans les hôpitaux
Bakary Meïté rugbyman venu aider dans les hôpitaux © AFP / KEVIN MURRAY / Pro Sports Images Ltd / DPPI

C’est une trajectoire singulière en ces temps de crise sanitaire, une belle histoire : celle de Bakary Meité. Ce joueur de rugby professionnel à Carcassonne, en Pro D2, s’est engagé comme agent d’entretien dans un hôpital du 16e arrondissement de Paris, au début du confinement. Un acte exemplaire pour prêter main forte aux soignants. 

Il est arrivé à l’hôpital Sainte Périne par un concours de circonstances. De retour de vacances au Brésil à la mi-mars, il ne peut pas rentrer à Carcassonne. Plus de trains, plus d’avions. Il se confine chez sa sœur à St Denis.  Un membre de sa belle-famille (responsable d’une société de nettoyage) appelle alors pour recruter son neveu. Le 3e ligne entend la conversation et s’engage, par solidarité. Les deux hommes travaillent six jours sur sept, de 7h à 13h. 

Bakary Meité raconte : "L'objectif est simple : c'est désinfecter tout ce qui se trouve à portée de main : les poignées de porte, les boutons d'ascenseur, les interrupteurs, les rampes qui sont le long du mur. Je fais aussi les extincteurs et les téléphones d'urgence. Je fais ça de fond en comble dans deux bâtiments."

Le rugbyman insiste : lui n’est que de passage, et s’il a entrepris cette démarche, c’est pour que l’on parle des travailleurs de l’ombre, ceux qui se lèvent tôt toute l’année et que l’on oublie trop souvent. Ce geste, il le fait également pour le personnel soignant : "L'hôpital, de base, c'est jamais un endroit très rigolo, c'est un peu anxiogène, alors y aller tous les jours... Moi, ce qui m'a marqué, c'est l'abnégation des médecins, des infirmières et des aides-soignants, à y retourner, toujours. Je trouve ça vraiment fort. Ca peut être dur nerveusement, en fin de journée on est un peu fatigués, mais on ne peut pas se plaindre comparé à ce que font ces gens-là dans les hôpitaux"

A Carcassonne, au sein du club, le dévouement de Bakary Meïté n’a surpris personne, et surtout pas son entraîneur, Mathieu Cidre : "C'est un joueur exemplaire. Je lui ai envoyé un message pour lui porter tout mon soutien dans la démarche qu'il a entreprise, et quelque part je suis fier que l'un de mes joueurs aie pris cette initiative. Je trouve que c'est vraiment quelque chose de très grand".

Bakary Meité, mis au chômage technique comme tous les autres joueurs de son club, restera à l’hôpital Sainte Périne le temps que l’épidémie dure, le temps que le rugby reprenne. Humble et fier… d’exercer le travail qu’a fait sa mère pendant 30 ans. 

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