Quand on parle de sport aujourd'hui, les finances ne sont jamais très loin. Notamment dans les sports US, où les salaires atteignent des sommes faramineuses, et particulièrement le football américain. Et dans la puissante NFL, une petite révolution - économique - est en marche.

Le joueur de football américain des Los Angeles Chargers Russell Okung, pionnier de la rémunération des sportifs en bitcoins. Ici en décembre 2019.
Le joueur de football américain des Los Angeles Chargers Russell Okung, pionnier de la rémunération des sportifs en bitcoins. Ici en décembre 2019. © Getty / David Rosenblum/Icon Sportswire

Le pionnier se nomme Russell Okung. Il joue pour les Panthers de la Caroline. Et pour cela, il perçoit 13 millions de dollars par saison, soit près de 11 millions d'euros. Mais il a demandé à son équipe de lui verser la moitié de son salaire en dollars, et l'autre moitié... en bitcoins ! En jetons virtuels. Et l'idée ne lui est pas venue comme ça, d'un coup. Cela fait plus d'un an et demi qu'il réclame cela. "Payez moi en bitcoins", avait déclaré Russell Okung en mai 2019 sur Twitter. 

Mais pourquoi vouloir être payé en monnaie virtuelle ? 

C'est un pari sur l'avenir. Et Russell Okung fait partie de ceux qui croient dur comme fer que l'avenir appartient à ces cryptomonnaies, virtuelles. Certains considèrent même que c'est une valeur refuge, comme l'Or. Sauf que l'Or, c'est un placement assuré. Au contraire du bitcoin, qui est très volatile. C'est donc un placement très risqué, nous explique Emmanuel Cugny, président de l'AJEF, l'association des journalistes économiques et financiers : 

C'est ce qu'on appelle une monnaie alternative, qui contourne les monnaies traditionnelles, contrôlées par les grandes banques centrales (le Dollar, le Yen, l'Euro, etc.). Il faut faire très attention parce que le bitcoin étant très volatile, ça crée une bulle spéculative et si la bulle explose, vous perdez tout Donc c'est un risque.

Et le bitcoin a atteint son plus haut historique il y a dix jours, le 27 décembre, à plus de 28 000 dollars. Mais il a reculé aussitôt. Malgré cette volatilité, certains experts pensent que la monnaie virtuelle pourrait rapporter plusieurs centaines de milliers d'euros dans les années qui viennent. Ce qui explique la demande de Russel Okung.

Et il n'est pas le seul à être séduit par ce placement

Le footballeur pourrait bien être à l'origine d'un mouvement, presque d'une nouvelle mode, dans le sport américain. Certains se seraient déjà montrés intéressés par ces cryptomonnaies. Selon la firme Zap, spécialisée dans la conversion de dollars en bitcoins, et qui s'occupe du placement de Russell Okung, un joueur de NBA des Nets de Brooklyn mais aussi un joueur de baseball des Yankees de New York voudraient eux aussi convertir une partie de leur salaire en bitcoins.

Thèmes associés