Et si le confinement était un moment à saisir pour réfléchir au monde de demain et notamment dans le domaine du sport ? Exemple avec les courses à la voile : plusieurs skippers professionnels profitent de ce repos forcé, loin des bateaux et de la mer, pour se pencher sur ce que pourraient être les courses de demain.

Le skipper Arthur le Vaillant
Le skipper Arthur le Vaillant © Arthur le Vaillant / Martin Keruzoé

Moins de records et des bateaux plus écologiques ? Comment pourraient-être les courses de demain. Arthur le Vaillant, comme d'autres skippers y réfléchi. Il a choisi de s’enfermer dans une maison bretonne sans électricité, un environnement plus propice pour se poser. 

Une vie d’ermite pour faire une pause 

Arthur le Vaillant n’a pas hésité un seul instant. À l’annonce du confinement mi-mars, il a fait sa valise pour s’installer dans la maison de sa grand-mère dans le village de Plougasnou, à l’entrée de la Baie de Morlaix en Bretagne Nord : une maison de douaniers sans électricité. 

"On a le gaz et l’eau courante mais tous les soirs, on s’éclaire à la bougie. C’est une autre façon de se reconnecter à la nature et à cet univers que j’apprécie particulièrement. C’est une façon de prendre du temps aussi pour se dire : mon téléphone, je ne l’utilise qu’un peu le matin et le soir. C’est un privilège et une chance que j’ai pu m’accorder".  

Face à l’océan : quel meilleur décor pour un marin pour réfléchir à ce que sera son métier après cette crise sanitaire ? 

A 32 ans, Arthur le Vaillant a déjà un long engagement écologique derrière lui mais le questionnement doit être poussé encore plus loin en ces moments si particuliers.

"Depuis longtemps, on est dans une phase d’accélération, du toujours plus, sur tous les sujets. Cette crise sanitaire nous conduit à avoir une notion du temps un peu différente. Je l’utilise dans cette dynamique de dire : comment faire différemment après le confinement et il y aura des décisions plus ou moins radicales à prendre sur des sujets essentielles qui composent ma vie, notamment la course au large. C’est sûr qu’on est dans un moment assez incroyable pour ça. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont ce temps pour se poser des questions sur les futurs souhaitables pour leurs enfants."

Dans un domaine où la performance est portée à son maximum à chaque fois : aller plus vite, battre des records, sur des engins construits avec des matériaux pas toujours respectueux de l’environnement. Arthur le Vaillant a créé avec d’autres skippers un collectif, baptisé la Vague pour proposer un autre modèle et changer les choses à l’avenir. "Il y a beaucoup de skippers, de chefs d’équipe et de sponsors qui s’impliquent de plus en plus ces derniers jours. J’ai regardé une vidéo d’Eric Tabarly qui évoquait cette notion relative de vitesse. Battre des records, c’est dans l’air du temps mais notre sport, c’est juste d’aller plus vite que les autres. Et donc on pourrait apprendre pour être moins impactant à ralentir sur différents sujets. Ça ne nous empêchera pas de faire de très belles courses et à raconter de belles histoires."

Reclus dans sa maison, Arthur le Vaillant en profite aussi pour assouvir son autre passion : la musique avec ses cousins et son groupe the Brave Mermaids. Pendant ce confinement, il écrit des chansons et un album est en préparation. 

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