L'un des plus grands clubs du football israélien, le Beitar Jérusalem, est aussi celui l'un des plus décriés, pour ses supporters ouvertement racistes. Alors son président a voulu revendre la moitié de ses parts à un cheikh arabe, des Emirats. Un symbole fort, qui pourrait bien finalement... ne pas se faire.

Des supporters aux couleurs du club Beitar Jerusalem
Des supporters aux couleurs du club Beitar Jerusalem © AFP / Emmanuel DUNAND / AFP

C'est un club de football dont on parle assez peu dans l’actualité, dans les médias occidentaux. Ce club, c’est le Beitar Jérusalem, l’une des équipes phares du football israélien. Mais le Beitar est surtout connu pour se mauvaise réputation. Sa proximité avec la droite identitaire israélienne. Et ses supporters ouvertement... racistes ! 

Des chants anti-arabes dans les tribunes, des slogans contre Mahomet et les populations arabes, qui sont l’œuvre de la frange la plus extrémiste des supporters du Beitar, baptisée "La Familia". Une minorité certes, mais qui entretient l’image peu reluisante du Beitar Jérusalem. 

C’est pour changer cela que Moshe Hogeg, qui a fait fortune dans les cryptomonnaies, a racheté le club en 2018. Et il y a deux mois, il a pris une décision radicale, et historique : le président du Beitar a revendu la moitié du club à un... cheik arabe ! Un riche émirati, membre de la famille royale, Hamad Ben Khalifa Al-Nahyan. En écho au récent rapprochement entre Israël et les Émirats Arabes-Unis. Le Beitar, aux mains d’un juif ET d’un musulman, c’est la révolution voulue par le président et co-proprietaire Moshe Hogeg.

Sauf que... la réconciliation a du plomb dans l’aile

Cela a provoqué la fureur des ultras de La Familia, qui sont allés jusqu’à taguer un "Fuck Dubaï" sur les murs du stade et manifester leur colère devant le centre d’entraînement. On parle d’ultras qui ont été capables dans le passé de brûler les bureaux de leur club après la signature de deux jeunes joueurs musulmans de Tchétchènie. La direction du Beitar avait du reculer. Et aujourd'hui c’est toujours le seul club de l’élite du foot israélien qui n’a jamais fait évoluer un joueur arabe sous ses couleurs. 

Alors, l’arrivée d’un investisseur arabe était un signe fort pour tous ceux, supporters du Beitar, qui voulaient voir leur club ne plus céder sous la pression de ces ultra extrémistes. Etait, car en fait... le rachat n’a toujours pas été validé par l’IFA, la fédération israélienne de football. Pire, elle l’a même rejeté une première fois, le mois dernier. La procédure est bloquée. L’IFA enquête sur le cheikh Hamad. 

Selon les médias israéliens, le riche émirati ne serait en fait pas aussi riche qu’il le croyait. Il aurait surestimé sa fortune. Pire, selon les premiers éléments de l’enquête, il pourrait être impliqué dans des affaires de fraude et de blanchiment d’argent. La révolution du Beitar Jérusalem attendra.

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