Les championnats du monde de gymnastique artistique se disputent en ce moment à Stuttgart, en Allemagne. La doyenne de la compétition a 44 ans ! Dans une discipline où on arrête sa carrière à environ 20 ans, elle fait figure d’extraterrestre.

Ouzana Aleksandrovna Chusovitina (d'Ouzbékistan), lors des championnats du monde de gymnastique artistique à Stuttgart, en Allemagne, le 4 octobre 2019
Ouzana Aleksandrovna Chusovitina (d'Ouzbékistan), lors des championnats du monde de gymnastique artistique à Stuttgart, en Allemagne, le 4 octobre 2019 © AFP / Kunihiko Miura / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

Oksana Chusovitina est Ouzbèque.  Elle a participé à ses premiers Jeux olympiques en 1992, la plupart de ses adversaires d’aujourd’hui n’étaient même pas nées.

Quand elle a disputé ses premiers internationaux en junior, c’était en RDA, le mur de Berlin n’était pas encore tombé. Elle concourait sous les couleurs de l’URSS, et depuis elle a donc enchaîné sept Jeux olympiques, elle a vu la gym changer le matériel utilisé, les notations et elle s’est adaptée, inutile de vous dire qu’elle suscite le respect et l’admiration autour d’elle.

Physiquement, comment tient-elle ?

C’est tout le mystère... Elle a le physique idéal pour une gymnaste : petit gabarit, 1m53, très fine, très légère (44 kilos). Mais la gym est un sport qui use énormément le corps, qui demande beaucoup d’entraînement. Elle a bien eu quelques petites blessures mais rien de méchant. Elle continue parce qu’elle aime ça, parce que c’est son « gagne-pain » dit-elle. C'est aussi grâce à la gym qu’elle a pu payer les traitements pour son fils atteint d’une leucémie.

 Elle a même changé de nationalité à cette période et était passée sous couleur allemande car le petit garçon était soigné dans le pays. Depuis elle concourt à nouveau pour l’Ouzbékistan, et elle est acclamée à chaque fois qu’elle s’élance - comme il y a quelques jours à Stuttgart, où elle a évolué sur la musique de La Bohème en version piano.

Quelle est spécialité, son agrès de prédilection ?

Elle tient à tous les faire, mais sa spécialité reste le saut de cheval. Elle possède l’explosivité nécessaire, la capacité à transformer sa vitesse en force pour aller le plus haut possible et enchaîner les acrobaties. Aux Jeux de Rio, elle avait tenté ce que certains gymnastes appellent "le saut de la mort", celui que même Simone Biles, la star américaine, ne veut pas risquer.
 

Sur ces championnats du monde Oksana a commis des erreurs mais la qualification pour les Jeux de Tokyo devrait être validée. Elle aura alors 45 ans et ce seront ses huitièmes Jeux.

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