Franck Piccard, 56 ans, médaillé d'or en super G aux Jeux Olympiques à Calgary en 1988, a signé une tribune écologique "pour vivre en harmonie avec la montagne". Une prise de position rare dans le milieu.

La champion Franck Piccard, ici en 1993, publie aujourd'hui une tribune écologique
La champion Franck Piccard, ici en 1993, publie aujourd'hui une tribune écologique © Getty / Bongarts

Il est encore aujourd'hui le seul français champion olympique dans cette discipline. L'un des quatre héros de l'équipe des "TOP gun" à la fin des années 80 avec Luc Alphand, Jean Luc Crétier et Denis Rey. Il reste évidemment une légende du ski alpin tricolore.

Ça, c'est sa première vie

Puis comme beaucoup de ses pairs, après sa retraite sportive,
le Savoyard s'est ensuite reconverti en entrepreneur en montagne,
propriétaire de plusieurs magasins de matériel de ski aux Saisies, en Savoie, sa station d'origine.
Propriétaire aussi d'un hôtel et de gîtes avec sa famille. 

Et dans une interview donnée récemment à France Bleu Pays de Savoie, Franck Picard admet que dans ses boutiques, 80% de son chiffre d'affaire sont réalisés grâce au ski alpin. Il reconnait tirer ses revenus de l'industrie de l'or blanc. Il avoue avoir participé à la bétonisation de la montagne.

Et pourtant, il entame aujourd'hui une forme de rédemption, avec donc cette tribune intitulée "pour vivre en harmonie avec la montagne", lancée par les écologistes régionaux, au moment où les stations sont menacées par la crise sanitaire et la fermeture des remontées mécaniques.

Précisons quand même que Franck Piccard, lui aussi, a protesté contre cette fermeture ; lui aussi, comme ses collègues, a gonflé ses effectifs en début de saison en espérant qu'elle se déroulerait normalement. 

Mais le champion olympique a aussi eu une prise de conscience, ou plutôt la continuité d'une prise de conscience, comme il l'explique au micro de Christophe Van Veen :

C'est un nouveau problème qui se soulève contre la montagne. Une nouvelle occasion de réfléchir différemment : pas de travaux  pour de nouvelle piste, pas d'extension de domaines skiables, pas de nouvelle remontée, ni de canon à neige... Bref, c'est de savoir dire stop à un moment donné. Savoir s'arrêter et reconstruire derrière.

Une prise de position rare dans le milieu et qui lui a donc valu sans surprise de nombreuses critiques, venant  d'internautes, essentiellement. Ses pairs, souffrant d'un hiver noir, ne l'ont pas ouvertement fustigé. Mais Franck Piccard n'est pas étonné  et surtout il n'est pas dupe. Le savoyard sait que la transition sera longue, mais elle est vitale, dit-il aujourd'hui.

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