Il aime se retrouver seul face à lui-même dans la montagne, mais voir les sites naturels se transformer en décharge, ça, il ne supporte pas. Portrait de Luc Boisnard.

Dépollution par une équipe de sherpas d'un autre sommet népalais : l'Everest
Dépollution par une équipe de sherpas d'un autre sommet népalais : l'Everest © AFP / Namgyal Sherpa

Luc Boisnard est un chef d’entreprise mayennais, passionné de sport en général et d’alpinisme en particulier. 

Luc Boisnard organise des opérations de dépollution des plus haut sommets du monde, et, cette année 2020, il va s’attaquer au Makalu, au Népal, le cinquième sommet le plus haut du monde, puisqu'il atteint plus de 8400 mètres d'altitude.

Si cet homme aime se retrouver seul face à lui-même dans la montagne, voir les sites naturels se transformer en décharge, il ne supporte pas. 

En ce moment, il peaufine sa préparation physique et mentale (sorties de 130 kilomètres en vélo, etc. ), faire des réserves musculaires mais aussi de masse grasse : il sait qu’en passant presque deux mois à plus de 4000 mètres d'altitude, il va perdre huit à dix kilos. 

Son départ pour le Makalu est prévu dans un mois et demi., c'est-à-dire fin mars 2020.

Là-bas, avec une dizaine de sherpas, il s’agira de redescendre les déchets dans des sacs à dos de 30 kilos, de les trier, de les charger à dos de yack et de les envoyer plus bas dans la vallée.

La quantité de déchets est impressionnante : il prévoit trois à cinq tonnes pour sa seule expédition. 

Ces déchets abandonnées par des randonneurs peu scrupuleux : des bidons, des ficelles, de vieux piolets, tentes, duvets, conserves… 

Luc Boisnard sait de quoi il parle, puisqu'en 2010, il avait déjà réalisé une opération similaire dans l’Everest. 

Il y a un peu plus de 50 ans, à peine 5 000 visiteurs par an se rendaient au Népal ; ils seraient aujourd'hui plus d'un million. Et ceci, vous l'avez compris, n'est pas sans conséquences. 

Luc Boisnard finance ses projets avec son entreprise et des mécènes, considérant que "ce sont les occidentaux qui amènent la m***e là-haut, à eux de payer pour aller la chercher…" 

Mais son réflexe de traquer les déchets n’est pas seulement valable sur les plus hauts sommets de l’Himalaya, c’est ancré en lui : avec son association de kayak par exemple, il organise chaque année une opération dépollution de la rivière, lors de ses sorties à vélo à quelques kilomètres de chez lui avec ses copains, ils prennent régulièrement le temps de nettoyer les fossés parce  que, comme il le rappelle, "il n’y a malheureusement pas besoin d’aller aussi loin que sur l’Everest ou le Makalu pour constater le problème"

Je terminerai sur un message plus positif qu'il m'a rappelé en discutant : l'importance de croire en ses rêves et d'essayer d'aller au bout.

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