Un mystère agite la planète football depuis mardi soir : lors du match Borusia Dortmund/Séville en ligue des champions, on a entendu le gardien sévillan, Yassine Bounou, hurler un mot avant d'arrêter un penalty, puis le prodige du club allemand, le norvégien Haaland, crier à son tour ce mot. Que signifie "Kiricocho" ?

Le sélectionneur argentin Carlos Bilardo à l'origine du "Kiricocho", l’insulte porte-poisse du foot. Ici en 1986.
Le sélectionneur argentin Carlos Bilardo à l'origine du "Kiricocho", l’insulte porte-poisse du foot. Ici en 1986. © Maxppp / EFE/Newscom

Après avoir crié "Kiricocho" en direction du gardien sévillan, Haaland transforme cette fois le penalty

Quand on lui demande à la fin du match : "Mais qu'avez vous crié en tirant ?", il répond "Je n'en ai aucune idée, j'ai crié la même chose que le gardien".

Il a donc fallu enquêter pour trouver l'origine de ce mot : il s'agit en fait d'une superstition venue d'Argentine

1982 : Carlos Bilardo, qui deviendra une légende, s'installe sur le banc du club Estudiantes à la Plata et on l'avertit : un des plus fidèles supporters du club porte malheur. Chaque fois qu'il assiste à un entrainement, un joueur se blesse. Bilardo convoque ce supporter, qui - vous l'aurez peut-être deviné, s'appelle Kiricocho et lui demande, non pas de se tenir à l'écart de ses joueurs, mais de désormais, être celui qui accueillera tous les joueurs adverses ! Il fallait y penser... Kiricocho s'exécute !

Résultat, cette saison-là, l'Estudiantes remporte le titre en gagnant sous ses matchs, sauf un, contre Boca Junior, l'équipe la plus encadrée, la plus protégée et qui n'avait donc pas pu être approchée par Kiricocho.

C'est la naissance d'une superstition, exportée ensuite dans le football latino-américain et espagnol. D'ailleurs cette incantation magique a été utilisée lors d'une finale de mondial : celle de 2010. Ce jour-là, vous vous souvenez peut-être du mythique arrêt du gardien espagnol Iker Casillas, face au néerlandais Robben. Sur la pelouse, il y avait aussi Joan Capdevila, qui avouera plus tard avoir prononcé pour la seule fois de sa vie "Kiricocho"... Alors qui de lui ou Casillas a permis à l'Espagne d'être championne du monde ? Je vous laisse trancher...

Après avoir entraîné Séville, Boca Junior et le Guatemala, Bilardo est retourné à Estudiantes et la première chose qu'il a demandé, c'est de revoir Kiricocho. Mais jamais le supporter fétiche n'a pas été retrouvé.

L'équipe
Thèmes associés