Il espérait remporter un cinquième Tour de France. Au lieu de ça, il se retrouve dans l'anonymat le plus complet en Italie. Le britannique Chris Froome a bien du mal à remonter la pente, après sa grave blessure l'an dernier, et la perte de son directeur sportif et ami, Nicolas Portal.

Franchement Mathilde, ce matin, j'ai de la peine. Du mal à voir ça. L'agonie sportive d'un homme qui a remporté quatre fois le Tour de France. Quatre fois le Tour. Cet homme, il s'appelle Chris Froome. Le Britannique rêvait de remporter le 5ème cette année. 5 Tours, comme les immortels. Anquetil, Hinault, Merckx, et Indurain. Oui mais voilà, Chris Froome ne gagnera probablement jamais ce dernier Tour qui ferait de lui l'égal des très grands. Victime d'une très grave chute l'an dernier sur le Dauphiné, il était en miettes. Il aurait pu y rester. Mais son amour du Tour, sa force, son abnégation, l'ont fait remonter sur un vélo. Et reprendre la compétition. Un miracle, franchement.  

C'est le Tour de France, et ce départ à Nice, qui lui ont donné espoir. Mais il n'est pas au niveau. Et assez logiquement, il n'est pas retenu par son équipe Ineos. Alors il est envoyé en Italie, pour prendre le départ la semaine dernière de Tirenno Adriatico, une course de seconde zone. De quoi lui redonner confiance se dit-on. C'est pire. Chris Froome vit un long calvaire, une descente aux enfers, qui doit se terminer aujourd’hui. Ce matin, il pointe à une pathétique et anonyme 90ème place au général, à plus d’une heure du vainqueur. Il relativise. Obligé. Se dit qu'il a déjà de la chance, c'est vrai. 

Mais c'est aussi dans la tête que ça se passe. Car il n'y a pas que son corps qui a été meurtri, cette année. Chris Froome a aussi perdu son ombre, celui qui lui parlait dans l'oreillette, son homme de confiance, son ami : Nicolas Portal. Le gersois, directeur sportif de la Sky puis d'Ineos, celui qui l'a accompagné dans ses quatre victoires sur le Tour, notamment. Nicolas Portal, décédé brutalement, à 40 ans. Et Chris Froome ne s'en est pas remis. Il n'est pas le seul. Son équipe toute entière ne s'en remet pas, et ça se voit sur le Tour de France. Le retour de Froome, tel un phénix qui renaîtrait de ses cendres, l’histoire aurait pu être magnifique. Mais le vélo est intraitable. Il ne fait pas de sentiment. Il est sans pitié

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