Le sujet est délicat, mais il agite le monde du handball féminin, réuni pour l'Euro au Danemark. Tous les arbitres des matchs sont des femmes, et la contestation n'a jamais été aussi forte. En cause, le niveau global de l'arbitrage féminin en Europe. Il faut former plus de femmes au sifflet !

Il faut former plus de femmes au sifflet
Il faut former plus de femmes au sifflet © Getty / Jan Christensen / FrontzoneSport

C’est le sujet de conversation numéro un dans les équipes engagées à l’Euro féminin de handball qui a lieu en ce moment au Danemark. L’équipe de France, championne d’Europe en titre, affronte ce soir la Suède, avec à la clé pour nos françaises, un ticket pour le dernier carré. Ça se passe très bien pour les Bleues, performantes depuis le début de la compétition. Elles sont invaincues. Et pourtant, comme chez les autres équipes du tournoi, la confiance n’est pas totale. Pas à cause de la Covid19, non, à cause des arbitres. 

Car s’il est de bon ton de se plaindre de l’arbitrage - c’est une vieille marotte, un peu un souffre douleur parfois, un moyen aussi de se voiler la face, de détourner le problème - là, c’est un gros souci. Tout le monde s’en plaint. Les paires d’arbitres - oui, car au handball, l’arbitrage se fait par paire - ne sont pas au niveau, et ça agace les joueuses, comme la pivot française, Béatrice Edwige, plutôt cinglante :   

"On espérait un peu plus des arbitres sur cette compétition. En fait on attend des arbitres qu'ils se donnent entièrement comme nous on est capable de se donner entièrement dans un match. Qu'ils aient le même niveau de compétence que nous. Sur cet Euro, j'avoue, on est pas la première équipe à se plaindre du niveau de l'arbitrage" Béatrice Edwige

Le sujet est délicat. Délicat, et politique. Car les paires d’arbitres sur cet Euro sont exclusivement... féminines ! Une volonté de la part de l’EHF, la fédération européenne de handball, d’organiser la première compétition dans l’histoire du handball arbitrée uniquement... par des femmes. C’est louable, mais ça tourne au fiasco. 

Car la contestation n’a jamais été aussi forte, et les décisions n’ont jamais été aussi contestables. Alors non, pas de procès en sexisme. Le féminisme, ça fait partie de l’ADN de la discipline. Et de ses acteurs. C’est juste que là, joueuses comme entraîneurs, tout le monde est d’accord pour dire que le compte n’y est pas. Féminiser oui, mais pas d’un coup, explique le sectionneur français, Olivier Krumbholz :  

"Je pense que la féminisation du corps arbitral est une bonne chose, mais il faut la faire à un bon rythme. Et la sensation que l'on a tous, tous les acteurs, tous les entraîneurs, c'est que l'arbitrage européen n'est pas encore prêt à ne fournir que des paires féminines, et c'est ça qui nous met un petit peu en colère" Olivier Krumbholz 

L’autre raison, c’est que les meilleures paires féminines sont engagées sur le mondial... masculin, qui suit traditionnellement la compétition féminine. Et du coup, pour cet Euro, il ne reste que le "deuxième choix". Et on l’a compris, le vivier est un peu court. Il est donc temps de former plus de femmes au sifflet !