Accusés par le pouvoir d'avoir pris part à des mouvements de contestation, les lutteurs sénégalais défendent leur image et leur honneur. Même si le contexte lié au Covid a fortement compliqué les choses.

Un lutteur sénégalais s'entraîne seul dans un gymnase de Dakar, avril 2020
Un lutteur sénégalais s'entraîne seul dans un gymnase de Dakar, avril 2020 © AFP / JOHN WESSELS

Quand on parle de lutte, on pense à l’Antiquité, aux Jeux Olympiques, à la lutte gréco-romaine. Mais... c’est réducteur ! Car la lutte, c’est aussi un sport ancestral, une tradition... au Sénégal ! Où les lutteurs sont considérés comme des demi-dieux, a l’image de Bombardier, Balla Gaye 2 ou le roi des arènes, Modou Lô. Ils remplissent des stades, sont se véritables stars, et ils gagnent très bien leur vie. La lutte, c’est le sport le plus populaire au Sénégal avec le football. Et les lutteurs se retrouvent malgré eux au cœur d’une polémique. 

Début mars, le Sénégal a été le théâtre d'affrontements, de pillages, plutôt rares dans un pays relativement stable. Des milliers de jeunes sont descendus dans la rue, pour défier le président Macky Sall. Et dénoncer aussi l’arrestation de son principal opposant, Ousmane Sonko, très populaire chez les jeunes. Mais chez nos confrères de France 24, le ministre de la justice, Malick Sall, a expliqué que ce mouvement tenait plus à un ras le bol général du au Covid... et il a pointé du doigt les lutteurs. 

Et cette interview a fait beaucoup réagir...

Toucher aux lutteurs, ce n’est pas anodin. Ces accusations reposent sur le fait qu’il y avait des gros bras dans les rassemblements. Mais aussi sur le fait que les quelques 8000 lutteurs que compte le Sénégal sont a l’arrêt depuis un an, en raison du Covid. Pas d’entraînement, des combats interdits. Les lutteurs vivent donc de petits boulots, très précaires. Leur situation est très préoccupante.

Mais la sortie du ministre, qui plus est sur une chaîne étrangère, a provoqué la colère des lutteurs, et de leurs représentants, qui réfutent les accusations de Malick Sall. Selon eux, la crise n’a pas jeté les lutteurs dans la rue contre le pouvoir, mais dans des pirogues direction l’Espagne. Meme si certains groupes de contestation admettent la présence de lutteurs dans leurs rangs. 

Difficile donc d’être catégorique, mais le président Macky Sall a voulu calmer tout le monde. Et va alléger les restrictions liées au covid. D’ailleurs, les combats vont pouvoir reprendre au début du mois prochain.

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