C’est sans aucun doute la future grande star de l’athlétisme : Noah Lyles, un Américain de 23 ans devenu champion du monde du 200m l’an passé. Histoires de Sport ce matin nous emmène à la rencontre d’un sportif, fragile et très engagé dans le mouvement Black Lives Matter.

Noah Lyles, sportif mobilisé dans le mouvement Black Lives Matter
Noah Lyles, sportif mobilisé dans le mouvement Black Lives Matter © Getty / Michael Kappeler/picture alliance

Noah Lyles a le visage juvénile, chacune de ses victoires est ponctuée d’un grand sourire comme vendredi dernier sur la piste de Monaco pour la 1ère étape post-confinement de la Ligue de Diamant ou avant-hier lors d'un meeting en Hongrie. 

Mais derrière ce bonheur apparent, le jeune athlète originaire de Floride cache de profondes fragilités : dépressif depuis qu’il est âgé de 8 ans, il consulte des spécialistes, il prend des médicaments. Et la période que le monde vient de traverser a renforcé son mal-être : la pandémie, les JO décalés et les violences policières qui ont enflammé les États-Unis après la mort en mai dernier de George Floyd. 

"Ça, c’était comme le dernier clou sur le cercueil", racontait-il il y a quelques jours lors d’une conférence de presse.  

Malgré son jeune âge, Lyles fait partie des rares sportifs à avoir pris publiquement position contre les violences policières dans son pays 

La semaine dernière, juste avant sa course à Monaco, Noah Lyles avait publié sur les réseaux sociaux une photo de Tommie Smith et John Carlos le point levé sur le podium des Jeux de Mexico en 1968. Avant de s’élancer, au moment de la présentation des sprinters, il a lui-aussi levé vers le ciel un poing droit ganté de noir, la tête baissée comme ses compatriotes il y a 52 ans. 

Et il s’est expliqué : "Nous sommes arrivés à un point où il n’est plus possible de ne rien faire". Le champion du monde du 200 mètres a bien l’intention de mettre à profit sa nouvelle notoriété pour défendre la cause des Afro-Américains. Le fera-t-il aussi aux Jeux l’an prochain à Tokyo ? C’est plus compliqué à cause de la fameuse règle 50 de la charte olympique : elle interdit aux sportifs d’exprimer une opinion politique, religieuse ou raciale sous peine d’exclusion.

Cette règle provoque de vifs débats dans le mouvement sportif qui aimerait sur des sujets aussi importants avoir son mot à dire

Assouplir cette règle : c'est ce qu'a promis le président du CIO qui a bien compris que les temps ont changé à condition que les athlètes eux-mêmes soient d'accord. Des consultations sont lancées dans chaque pays, 2 ont déjà livré leurs résultats en Australie, 59% se prononcent en faveur d'un amendement de la règle : 1 athlète sur 5 l'exige sans aucune condition. Liberté d'expression totale donc. En Irlande, 62% ont voté pour l'assouplissement mais seulement si la manifestation de l'opinion n'a pas d'impact sur le podium... Un 1er pas donc mais pas forcément une révolution à venir.       

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