La nageuse française avait participé aux JO de Séoul en 1988. Trente-trois plus tard, elle sera l'été prochain aux Jeux Paralympiques de Tokyo.

Claire Supiot, nageuse
Claire Supiot, nageuse © AFP / LOIC VENANCE

Le parcours de Claire Supiot force le respect. Championne de natation (elle était notamment spécialiste du 200 mètres papillon), elle a participé aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Son élimination en séries marque la fin de sa carrière. Enfin croyait-elle. Trente-trois ans plus tard, elle va participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo l'été prochain. A 52 ans, "la maturité est là et le plaisir encore plus important", assure-t-elle.  

Comme un dauphin dans l'eau

Claire Supiot est atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, une neuropathie héréditaire qui touche les nerfs contrôlant les muscles des jambes. Elle doit s'aider d'une canne pour se déplacer. Elle souffre d'une fatigue chronique. Mais rien qui puisse entamer sa détermination : elle a participé, il y a quelques jours aux championnats de France de natation handisport où elle a enchaîné 3 records : de France sur le 100m papillon, d'Europe sur le 50m nage libre et du monde sur le 100m nage libre.   

Cumuler les JO et les Paralympiques : c'est une rareté dans le sport de haut niveau. Après tant d'années, c'est même une longévité incroyable. A l'annonce de sa maladie en 2008, Claire Supiot qui est alors maître-nageuse, ne veut pas croire à ce bouleversement. Mais en 2015, elle retourne dans les bassins. Elle ne peut plus pousser sur ses jambes pour plonger ou effectuer les virages. Mais dans l'eau, raconte-t-elle à l'AFP, elle se sent comme un dauphin. Elle oublie surtout sa maladie.  

Maintenant, j'ai de bonnes raisons d'être fatiguée.

"Avant, c'était ma maladie qui me fatiguait et je ne pensais qu'à ça. Ce qui me fatigue aujourd'hui, c'est de me dire que j'ai déjà nagé cinq kilomètres, que j'ai fait une séance de musculation, que j'ai été voir la nutritionniste, que j'ai été au travail. Maintenant, j'ai de bonnes raisons d'être fatiguée. Ma maladie passe vraiment à la fin de la journée.

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Son entourage loue les qualités mentales et la force de travail de cette mère de 3 enfants. En plus de son poste - elle est référente handicap au Conseil départemental du Maine-et-Loire - elle s'entraîne pour dit-elle monter sur un podium des JO et écrire l'histoire. Avant il y aura les championnats d'Europe en mai prochain, comme une répétition générale avant son rendez-vous olympique, son rêve de devenir la médaillée la plus âgée mais pas la participante la plus âgée à des paralympiques. En 2016, l'Australienne Libby Kosmala, 74 ans à l'époque, avait participé à l'épreuve du tir, forte déjà de 11 participations aux Jeux et de ses 13 médailles.

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