Johanne Defay et Jérémy Flores sont les premiers qualifiés dans le camp français. Tous deux originaires de la Réunion. L'île de l'océan indien est un vivier de jeunes talents. Même si, depuis des années, y surfer est devenu très compliqué, voire illégal.

Johanne Defay, qualifiée pour les JO 2020
Johanne Defay, qualifiée pour les JO 2020 © Getty / Sean M. Haffey

La faute à la "crise requins" et à ses onze attaques mortelles en neuf ans sur les plages réunionnaises.

Le cauchemar commence le 19 février 2011

Un surfeur est attaqué sur le spot de Trois Roches. Il est amputé de sa jambe. Les mois suivants, les accidents se multiplient. Et le bilan, funeste, s'alourdit.

Cette crise n'affecte pas que les surfeurs.

Obligés de laisser leurs planches au garage, la plupart des écoles de surf privées et les enseignes spécialisées ferment. Toutes les activités nautiques sont remises en question et le tourisme impacté.

Car depuis ses attaques, le surf est extrêmement réglementé. Voire, à certaines périodes, interdit par arrêté préfectoral. Les meilleurs surfeurs fuient même leur île pour s'entrainer en Afrique du Sud, aux Canaries, ou dans les vagues landaises.

Est-ce que les surfeurs français retournent dans leur île ?

Depuis quatre ans, la ligue réunionnaise de surf a lancé un dispositif "vigies requins renforcées". Avec caméras sous-marines, des drones, des bateaux et des plongeurs. 

Une vingtaine de personnes sécurisent cinq jours par semaine une plage ouverte à tous les licenciés de surf.  Cela permet notamment à Johanne Defay de surfer l'esprit un peu plus tranquille quand elle rentre chez elle pour préparer sa saison.
 

Moi je sors dans des sessions sécurisées […] C’est différent, mais faut s’adapter dans la vie.

Autre mécanisme utilisé par la surfeuse : un boitier greffé sur ses planches. C’est un système novateur, inventé en Australie, avec des ondes électromagnétiques, qui doivent repousser les requins.

Malgré toutes ces difficultés, les surfeurs réunionnais restent très attachés à leur île

Exemple lorsque Jérémy Flores s'est qualifié pour les JO. la semaine dernière.

C’était vraiment un moment spécial, là je représente mon île de La Réunion, qui passe par des sacrées difficultés. J’ai une fierté énorme.

Désormais Johanne Defay et Jérémy Flores veulent briller aux JO pour faire oublier ce fléau. Ils veulent qu’on parle de leur île, de ses belles vagues de ses champions, mais plus systématiquement de requins.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.