Sarajevo inaugure son tout nouveau musée olympique, 28 ans après le début de la guerre de Bosnie. Qui a fait près de 100.000 morts, environ 11.000 rien qu’à Sarajevo, capitale martyre de ce conflit entre communautés, défigurée, éventrée par les bombardements des forces serbes.

Les installations des JO laissées à l'abandon
Les installations des JO laissées à l'abandon © Getty / picture alliance

Et parmi les nombreux bâtiments qui sont tombés pendant les trois ans qu’a duré le siège de Sarajevo, il y a l’un des joyaux de l’architecture locale, reconstruit, et qui abrite désormais les souvenirs des Jeux Olympiques d’Hiver de 1984.  

Huit ans avant la guerre.  Sarajevo et ses Jeux font la fierté de toute la Yougoslavie. Ils incarnaient la modernité. L’avenir. C’étaient les Jeux de toute la Yougoslavie. Les Jeux de l’indépendance vis à vis du grand frère soviétique. Tout le monde était là. Les Russes comme les Americains. C’était une page d’histoire. Une trève dans la guerre froide. On connaît la suite. 

Il y a une dizaine de jours, la fierté est revenue à Sarajevo. En présence du prince Albert II de Monaco, qui a participé à cinq olympiades en bobsleigh, le maire de la ville Abdulah Skaka a inauguré son nouveau musée olympique, témoignage du renouveau de la capitale bosnienne

Et tout cela a été rendu possible grâce à un homme. Un artiste bosnien, il s’appelle Edin Numankadic, directeur du musée olympique, l’un de ses fondateurs. Il a 72 ans. Et c’est lui Edin Numankadic qui a sauvé la mémoire olympique de Sarajevo. Quand la guerre a éclaté en 92, il a eu l’idée de cacher une grande partie des collections dans le sous-sol de la patinoire olympique de Zetra. 

Des photos, des équipements de certains athlètes, des souvenirs des JO, mais aussi des œuvres d’artistes célèbres comme Andy Warhol ou Henry Moore, réalisées pour les Jeux de 1984. Et depuis la fin de la guerre, il n’avait qu’un rêve, qu’un objectif : rouvrir ce musée olympique. 

Sarajavo peut à nouveau revivre ce qu’Edin Numankadic qualifié lui même de "rare souvenir heureux" dans la tragique histoire de cette ville

En revanche, les installations olympiques sont à l’abandon. A l’image de la piste de bobsleigh, investie par les graffeurs. La nature y a repris ses droits. Il faut dire que que beaucoup d’entre elles ont subi la guerre, comme les habitants. Le village olympique a été abandonné. La piste de luge et le tremplin de saut a ski ont servi de base de lancement de roquettes. D’autres installations ont servi de bunker. Le podium des Jeux est isolé, perdu au milieu d’un pré. C’est un véritable cimetière olympique. 

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