Quand les conflits politiques s’invitent sur les tatamis. Les judokas iraniens pourraient manquer les Jeux Olympiques de Tokyo, l'année prochaine. La raison ? Depuis hier, leur fédération est interdite de toute compétition internationale.

Le judoka iranien Saeid Mollaei au Championnat du monde de judo à Bakou en Azerbaïdjan après sa victoire sur le Japonais Sotaro Fujiwara
Le judoka iranien Saeid Mollaei au Championnat du monde de judo à Bakou en Azerbaïdjan après sa victoire sur le Japonais Sotaro Fujiwara © Getty / David Finch

Cette décision vient de la Fédération Internationale de Judo

En août, un judoka iranien perd en demi-finale des mondiaux. A priori, aucun souci, un simple revers. Mais en réalité c’est sa fédération qui lui a demandé de faire exprès de perdre, qui lui a imposé cette décision contre son gré, pour qu’en finale, il ne se retrouve pas face à un judoka israélien.

A l’époque Saeïd Mollaei, le principal concerné, champion du monde sortant des moins de 81 kilos, raconte avoir subi de fortes pressions :

  • Son entraîneur l'inonde de messages, lui demandant de perdre dès les huitièmes de finale, pour ne pas que les instances du judo s'aperçoivent du stratagème. 
  • En Iran, sa famille reçoit des menaces. 
  • Il est même convoqué par le premier vice-ministre iranien des Sports, avant un combat. 

Lorsqu'il fait ces révélations à la presse, sa fédération le traite de menteur. Elle l'accuse d’avoir préparé son coup pour quitter l'Iran, et changer de nationalité.

Cette manœuvre de Téhéran ne plait pas… 

Mais alors pas du tout à la Fédération Internationale de Judo !

Dans un premier temps, elle suspend provisoirement les Iraniens. Décision donc confirmée hier. Sans date de fin. 

L’institution estime que l’esprit olympique est bafoué et le principe de neutralité politique violé. Les judokas iraniens pourraient ne jamais voir Tokyo, alors que pour la délégation, cette discipline est une des meilleures chances de médailles.

Pour lever cette sanction, l'Iran devra apporter de fortes garanties, ses membres devront accepter de combattre contre des sportifs israéliens.

Téhéran a trois semaines pour faire appel devant le tribunal arbitral du sport.

Ce n’est pas la première fois que les instances internationales interviennent ainsi 

En juillet 2018 déjà, la Fédération Internationale a suspendu le Grand Chelem d’Abu Dhabi et le Grand Prix de Tunis de Judo, pour discrimination toujours envers des athlètes israéliens : 

  • La délégation israélienne n'avait pas pu porter des signes distinctifs permettant de connaitre sa nationalité. 
  • Son hymne n’avait pas été joué. 
  • Dernièrement, pendant les championnats du monde, les judokas égyptiens ont créé la polémique en refusant de serrer la main à leurs opposants israéliens. Pour l'instant, eux n'ont pas été sanctionnés.

Quant à Saeid Mollaei, le judoka iranien, il a, depuis cet épisode, fui son pays et s'est réfugié à Berlin. Il est en attente d'une réponse du CIO pour savoir s'il pourra participer aux prochains JO au sein de l'équipe des réfugiés.

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