Nous sommes dans la dernière minute hier après-midi de la rencontre qualificative face au Togo : il suffit d'un nul et les Comores tiennent : 0-0.

Le commentateur Kassim Oumouri devenu une vedette dans le pays ces dernières semaines est au bord de la crise de nerf.

Au coup de sifflet final, les supporters  pleurent dans les gradins. Sur la pelouse, les joueurs et le staff hurlent, s'embrassent, entonnent l'hymne national. Et les rues de la capitale Moroni sont envahies de maillots verts et blanc. Des scènes de liesse telles que les forces de l'ordre renoncent à 20h à faire respecter le couvre feu.

Mais il n'y a pas qu'à Moroni que les supporters ont célébré cette qualification historique de l'archipel. A 7 000 km de là aussi

Plus près de nous, à Marseille, où la communauté comorienne est très présente - le chanteur Soprano pour l'anecdote, en est originaire.
Et cette diaspora a presque davantage encouragé la sélection que les locaux. Tout simplement parce que les héros de cette épopée sont arrivés directement de la cité phocéenne.
 

En 2014, alors que les Comores sont affilié à la FIFA depuis à peine 10 ans, que les résultats sont insignifiants, que l'archipel est classé 198e mondial, la fédération nationale appelle Amir Abdou. 40 ans, né à Marseille et éducateur employé par plusieurs collectivités. Avec lui arrive Ben Saadi, manager général, Marseillais lui aussi.
 

Ensemble, les deux hommes, peu expérimentés, entament un travail de refondation et surtout de détection. Ils fouillent notamment dans les petites divisions françaises, en Nationale 2, voire en division d'honneur, pour trouver des talents avec des origines comoriennes  qui accepteraient de changer de nationalités sportives. Des matchs amicaux sont même organisés dans l'hexagone et c'est ainsi que l'équipe se construit et progresse.

En 2019, un nouveau stade est inauguré sur l'archipel

C’est donc plus déterminés que jamais que les Comores entament leur série de matchs qualificatifs. Avec une petite frayeur récemment : certains clubs français, Guingamp notamment, ne souhaitent pas libérer ses internationaux - COVID oblige. Prête à tout, la fédération comorienne a affrété un jet privé pour garantir la sécurité sanitaire.

Le Pays de 850 000 habitants, jusqu'à présent surtout connu pour ses coups d'Etat, réussit l'exploit d'enfin de faire parler de lui pour ses coups francs. 

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