Un hommage à un très grand alpiniste décédé en fin de semaine dernière, Robert Paragot s'est éteint chez lui, en région parisienne, à l'âge de 92 ans après avoir gravi les sommets du monde les plus impressionnants.

Robert Paragot, ancien mécanicien et pionnier de l'alpinisme moderne, ici en 2012
Robert Paragot, ancien mécanicien et pionnier de l'alpinisme moderne, ici en 2012 © AFP / JEAN-PIERRE CLATO

Sa première grande prouesse restera l’ascension de la redoutable face sud de l'Akunkagua, de roc et de glace, de près de 7000 m  en 1954. Il sera le seul de ses camarades de cordées à résister aux engelures et à rentrer d'Argentine avec l'intégralité de ses doigts de pieds et de main. Voici ce qu'il écrira quelques années plus tard  dans un de ses livres, Vingt ans de cordées" : pour "arriver au sommet, je crois bien qu'il faut un tiers de muscle, un tiers de matière grise, un tiers d'amitié… et un peu de matériel"  

La liste de ses exploits serait trop longue mais citons peut être encore, près du Pakistan, la tour de Mustagh à plus de 7000 m, au Népal en 1962 le sommet du Jannu si effilé qu'il fallait le gagner à califourchon

Il dirigera ensuite de nombreuses expéditions comme celle du Makalu en 1971, cinquième plus haut sommet du monde. 

Robert Parago était comme l'écrit si bien mon confrère de France Bleu Lionel Cariou, "au sommet de l'art qu'on appelle alpinisme". 

Et pourtant il n'était pas né dans une région montagneuse, encore moins dans une famille d'alpiniste ou aisée financièrement… Les plus hautes montagnes qu'il pouvait voir enfant dans la bosse, plaisantait-il, c'était en apercevant le clocher de la cathédrale de Chartres. Il s'est formé sur les rochers de la forêt de Fontainebleau à plus de 600 km des premiers massifs alpins et a d'ailleurs contribué à ouvrir de nombreuses voies très célèbres aujourd'hui. 

Ses parents étaient agriculteurs, et lui est devenu apprenti mécanicien. Il réparait des machines à écrire, il a travaillé toute sa vie à la sécurité sociale où il réparait les machines , et pendant ses nombreuses expéditions, il envoyait des cartes postales pour tout raconter à ses collègues qui pouvaient ainsi partager, profiter de ses grandes aventures... 

Le Parisien restera dans les mémoires comme une figure iconoclaste, ayant contribué à la démocratisation de l'alpinisme, un personnage à la gouaille digne des films de Michel Audiard, aux yeux pétillants, qui dirigera les plus hautes instances françaises, comme la Fédération française de la montagne et de l'escalade. Robert Parangot avait reçu en 2012 une des plus éminentes récompenses de l'alpinisme, le piolet d'or, pour sa carrière. La salle des fêtes du village où il vivait près de paris porte son nom, mais pas la rue dans laquelle il habitait - il ne le souhaitait pas, alors la rue porte le nom du Makalu.

Robert Paragot
Robert Paragot © AFP / JEAN-PIERRE CLATOT
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