Le match de football entre l'Espagne et le Kosovo prévu ce soir se jouera bien. Et pourtant, le Kosovo a menacé de boycotter la rencontre car l'Espagne fait partie des derniers pays de l'Union Européenne à ne pas reconnaître l'indépendance de l'ancienne province serbe.

Equipe du Kosovo en 2019
Equipe du Kosovo en 2019 © Getty / Sebastian Widmann

Ce soir, dans le cadre des qualifications pour le Mondial 2022 au Qatar, l'Espagne reçoit le Kosovo, à Séville. Un match important pour les deux équipes, sur le route vers la coupe du Monde, certes, mais qui dépasse de loin les dimensions du terrain de football sur lequel ils vont s'affronter. Car le terrain est miné. Diplomatiquement. 

Pour l'Espagne, c'est un match de foot comme un autre. Pour le Kosovo, en revanche, c'est bien plus que ça. Ce match, en Espagne, c'est un moyen de s'affirmer comme nation. 

Et pas comme simple territoire. Parce que c'est ça qui bloque. Quand la fédération espagnole de football a publié le calendrier des matchs de la "Roja", pour les qualifications au mondial, elle a désigné son futur adversaire comme tel : "territoire du Kosovo". 

La fédération kosovare a vu rouge !

Le Kosovo a tout simplement menacé de boycotter la rencontre s'il n'était pas autorisé à utiliser son drapeau, et son hymne. C'est là tout le problème. Depuis 2016, les instances du football mondial et européen, la FIFA et l'UEFA, reconnaissent l'indépendance du Kosovo. Mais certains pays, pourtant membres de ces fédérations, s'y refusent. C'est le cas de l'Espagne ! 

C'est d'ailleurs un sujet de crispation récurrent au sein de l'Europe, puisque le Parlement européen a encore exhorté la semaine dernière ses pays membres à tous reconnaitre l'indépendance de l'ancienne province serbe. 

Et le sujet est d'autant plus épineux que le chef de la diplomatie européenne est... espagnol ! Il s'appelle Josep Borrell, et voilà pourquoi le premier ministre kosovar, Albin Kurti, le pointe régulièrement du doigt.

Pour autant, l'Espagne n'en démord pas

Et Madrid a d'ores et déjà prévenu que ce match de foot n'y changerait rien. Pour une raison assez simple, c'est que le pays lui aussi doit gérer des tensions séparatistes, avec des régions comme la Catalogne, ou le Pays Basque, et donc pas question pour l'Espagne d'entrouvrir la porte aux velléités autonomistes, même à plusieurs milliers de kilomètres, même si ça ne la concerne pas directement. Elle a une peur bleue de sa propre balkanisation ! 

Mais pour ce soir, l'Espagne fera une petite entorse à son règlement. Le Kosovo aura son hymne, et son drapeau.