L'équipe cycliste sud-africaine est en grande difficulté financière, et ne devrait pas réintégrer le peloton du cyclisme mondial. Ce qui pourrait mettre un frein au développement du vélo en Afrique.

Qhubeka, plus qu'une équipe
Qhubeka, plus qu'une équipe © AFP / DAVID STOCKMAN / BELGA MAG

C'est la fin annoncée d'une sacrée aventure, dans le cyclisme. 

Celle de l'équipe sud-africaine Qhubeka. Après 13 ans dans le peloton international, cinq dans l'élite, elle ne devrait pas être au départ de la prochaine saison. Cette semaine, les Qhubeka n'ont pas été en mesure de soumettre une demande de licence professionnelle à l'Union Cycliste Internationale. La porte n'est pas encore totalement fermée, mais ça parait mission impossible. 

L'équipe sud-africaine est en grande difficulté financière, depuis l'an dernier déjà. Les sponsors se succèdent, créant beaucoup d'instabilité. Qhubeka cherche désespérément de nouveaux partenaires, discute, mais en vain. Les coureurs ont du être libérés, et partent les uns après les autres. 

Et Douglas Ryder, le directeur général et fondateur de l'équipe, est un peu dépité, comme il l'a dit à nos confrères d'Eurosport :

"C'est vraiment frustrant, parce qu'il y a beaucoup de bienveillance, de soutien, d'intérêt même, autour de l'équipe. Le vélo offre une exposition hors du commun. Il n'y jamais eu autant de lumière sur le cyclisme, autant de gens qui font du vélo. Mais ça ne rapporte pas d'argent pour l'équipe".  

Qhubeka, c'est toute une histoire 

Rien que le nom, Qhubeka, en zoulou, ça veut dire "avancer". C'est la première équipe africaine au départ du Tour de France, en 2015. Et elle n'a pas quitté la Grande Boucle depuis. 

 Six participations, sept victoires d'étape dont quatre rien que pour le sprinter-star, un certain Mark Cavendish, codétenteur du record de victoires sur le Tour avec Eddy Merckx.   

Mais le symbole, fort, c'est le maillot à poids de meilleur grimpeur, porté à quatre reprises, en 2015, par le coureur Erythréen Daniel Teklehaimanot, devenu alors le premier africain à porter cette tunique iconique du cyclisme mondial. 

La fin de Qhubeka mettrait en péril tout un projet

Oui, parce que ce projet, il a plusieurs volets. Il est sportif, avec l'ambition de faire grandir le cyclisme sur le continent africain. Plus de 50 coureurs africains ont porté le maillot de Qhubeka toutes ces années. Mais il est aussi - et surtout - social. Qhubeka, c'est aussi une association, caritative. Depuis seize ans, maintenant, son but premier, c'est de fournir un maximum de vélos aux élèves sud-africains, pour qu'ils puissent se rendre à l'école. 

Sur les 16 millions d'écoliers en Afrique du Sud, les trois quart d'entre eux s'y rendent chaque jour en marchant, des trajets qui prennent parfois des heures. Qhubeka veut réduire les distances, grâce à ces vélos qui sont fabriqués, en Afrique du Sud, par les populations locales. 

Heureusement, depuis trois ans, l'association peut compter sur le soutien du Tour de France qui finance directement ces vélos, notamment au travers de ventes aux enchères de maillots.