La sprinteuse texane pourrait bientôt devenir la femme la plus rapide du monde, peut-être dès cet été aux Jeux Olympiques de Tokyo. Et c'est toute une histoire.

Sha'Carri Richardson, la nouvelle sensation du sprint US, a remporté samedi à Eugene (Oregon) le 100 m des sélections olympiques
Sha'Carri Richardson, la nouvelle sensation du sprint US, a remporté samedi à Eugene (Oregon) le 100 m des sélections olympiques © Getty / Patrick Smith

Plus qu'une simple histoire, c'est un destin. Hors du commun. Celui d'une gamine afro-américaine de 21 ans. Originaire de Dallas, au Texas. Au prénom peu commun, lui aussi. Elle s'appelle Sha'Carri. Sha'Carri Richardson. Et retenez bien son nom, car elle pourrait bien devenir la femme la plus rapide du monde. Et ce, dès cet été, à Tokyo, lors des Jeux Olympiques. 

Il y a quelques jours, la flèche texane a fendu l'air de l'Oregon, à Eugene, où avaient lieu les sélections américaines pour les JO. Sha'Carri a bouclé son 100m en 10 secondes et 86 centièmes. Ce n'est pas le record du monde, non. Mais c'est un rendez-vous. Surtout, que Sha'Carri a un petit côté... Usain Bolt. Du genre à lever les bras et arrêter son effort avant la ligne. Et si Tokyo était pour Sha'Carri ce que Pékin a été pour la foudre Bolt ? Le lieu de de la révélation. De la prise de pouvoir. Et que dire de l'attitude...

Sur 100 mètres, on ne voit qu'elle. Ses cheveux orange, ou blonds. Ses faux cils. Ses ongles longs. Ses tatouages. Ses piercings, un anneau sur chaque narine. Sha'Carri dégage quelque chose. Quelque chose de plus, que les autres. De la puissance, et du style. Une allure de patronne. Du haut de son petit mètre 55. Une boule de feu. Un phénomène.  

Cette force, elle la doit aussi à son histoire 

Ce ne serait pas étonnant qu'un jour, Hollywood vienne taper à sa porte. Disons qu'il reste à écrire la page sportive. Parce que la page personnelle, elle est déjà bien remplie. Sha'Carri a été élevée par sa grand-mère, car sa mère l'a abandonnée à la naissance. 

Elle a trouvé refuge dans l'athlétisme, après être tombée sur les médailles remportées par sa tante ! Elle a 9 ans, et elle se met à courir. Pour fuir. Pour penser à autre chose, car les questions sont toujours là :  

"Sans cesse, je me demandais : "mais qu'est-ce qui ne va pas avec moi ?" ce sentiment... tu ne veux pas être là ! Ma mère n'a pas voulu de moi, donc j'avais l'impression que personne en fait ne voulait de moi. Quand j'étais au lycée, j'ai fait une tentative de suicide. Peu importe ce qu'il se passe dans ma vie, quand je suis sur la piste, j'ai l'impression d'être dans une bulle, d'être en paix"   

Après avoir validé son billet pour Tokyo, et remporté haut la main son 100m, elle a révélé qu'elle venait de perdre sa mère biologique, et qu'elle vivait des jours difficiles. Mais elle a décidé de courir. De poursuivre ses rêves. D'ailleurs, ça continue demain, pour Sha'Carri Richardson. Sur 200m, cette fois. Et comme on dit aux Etats-Unis, la limite, c'est le ciel ! Vous ne regarderez pas les Jeux de Tokyo de la même façon.

Thèmes associés