Trayvon Bromell est l’un des hommes les plus rapides du monde. Détenteur de la meilleure performance de l’année, promis à la médaille d’or cette été à Tokyo ; il est annoncé comme la relève de la légende Jamaïcaine Usain Bolt. Pourtant tout aurait pu s’arrêter en 2016.

Trayvon Bromell aux sélections américaines d'athlétisme, à Eugene dans l'Oregon
Trayvon Bromell aux sélections américaines d'athlétisme, à Eugene dans l'Oregon © AFP / Patrick Smith / Getty Images via AFP

Il est américain, âgé de 26 ans et il était ce week-end au meeting de Monaco pour une compétition d’athlétisme. 1m73, 70 kg, sur la ligne de départ rien ne le distingue du reste des sprinteurs, si ce n’est peut-être la fresque de tatouages qui habillent ses bras et son torse. Pourtant Trayvon Bromell court le 100m en 9 sec 77 et le 60m en 6 seconde 47. Autrement dit à la fin de cette phrase il aura déjà franchi la ligne d’arrivée.

À Monaco il n’a terminé que 5e. Mais qu’importe. Qu’importe, parce que Trayvon est qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Et c’est tout ce qui compte. Parce que Trayvon, il a tout pour être le futur Usain Bolt.

"Ma première course officielle c’était du grand n’importe quoi. Mes propres jambes partaient dans tous les sens…mes bras aussi ! Les gens me donnaient des conseils, tu devrais faire ci ou ça et j’étais là : j’ai que 6 ans !"

À 18 ans il remporte le 100 m des Championnats juniors des Etats Unis. A 19 ans, il brille dans les compétitions universitaires. En 2014 c’est la consécration : il court le 100m en 9 secondes 97 et devient le premier athlète junior à passer sous la barre des 10 secondes. Son record est d’ailleurs toujours d’actualité.  

Et pourtant cette carrière déjà prometteuse aurait pu s’arrêter net en 2016, aux Jeux Olympique de Rio

Nous sommes le 20 août 2016. Bromell doit se mesurer au plus grands, ceux qu’ils a toujours admiré, ceux qu’il regardait les yeux ébahis devant son poste de télévision dans sa Floride natale. Ce sont ses premiers Jeux Olympiques. Il participe au relais 4*100m.

L’américain se blesse au tendon d’Achille juste avant la course. Résilient et surtout combattif, il persiste et signe pour le départ. Il s’écroule après la ligne d’arrivée. Il quitte la piste en fauteuil roulant. Bromell subira deux opérations et il lui faudra trois saisons blanches pour revenir à son meilleur niveau. Le 5 juin dernier, il court 100 m en 9sec77, c’est son record personnel et surtout la meilleure performance de l’année.

Une renaissance qui a été permise par un travail acharné et un coach providentiel

Sa collaboration avec Rana Reider à partir de 2019 a été l'autre tournant de son parcours. Sous les ordres du technicien américain, qui s'occupe également du sprinteur canadien André de Grasse, et du français Jimmy Vicault, Bromell a largement rattrapé le temps perdu.

« Toutes ces blessures m’ont appris la patience et l’humilité. »   

Pour ce qui est des tatouages, il a d’ores et déjà prévu le prochain qui sera le dernier : les anneaux olympiques, dans son dos, juste entre ses deux omoplates. Le rendez-vous est pris pour la finale du 100 m, le 1er août à Tokyo.

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