Lachlan Morton est un coureur professionnel Australien. Il a décidé de courir le Tour de France en solitaire, au profit d’une association solidaire.

Lachlan Morton fait un Tour de France solidaire
Lachlan Morton fait un Tour de France solidaire © AFP / VALENTINE CHAPUIS

Il a tout du cycliste professionnel : lunettes teintées, maillot rose, aux couleurs de son équipe Education First, un vélo aux roues fines comme du papier, la casquette est glissée juste sous le casque. L’attirail s’étale jusqu’au bout des doigts, emmitouflés dans ses mitaines de course.
Non vraiment, Lachlan Morton laisse peu de doute : ce n’est pas un amateur.

Et pourtant Morton est assis à la terrasse d’un café de Tarascon-sur Ariège

Entre les lèvres une paille qui plonge dans une brique de lait posée sur la table, juste à côté d’une canette de bière.
Les habitants sont interloqués : le passage du tour n’est prévu que dans 5 jours.
Le tableau est cocasse.

En fait, l’australien ne court pas le Tour de France

Enfin pas le vrai, celui des poursuivants, des échappées, du peloton. Non Morton, il court SON Tour de France.

Il est parti le 26 juin, de Brest avec pour objectif de suivre les 21 étapes du tracé officiel. Mais pas question d’entendre parler de course ou de performance. Son tour alternatif, c’est avant tout l’occasion de prendre du plaisir.

Le truc avec le Tour c’est que c’est pratiquement la même rengaine jour après jour. Je ne ressens pas la même chose en faisant une aventure comme ça. Je pense que j'ai trouvé mon style de vélo préféré. C'est très paisible, on apprend à se connaître soi et on apprend à connaître le paysage et l'endroit où l'on se trouve. J'aime vraiment ce principe et les courses sont plus intenses. 

Un pari sportif que tout le monde ne peut pas se permettre, Morton est un habitué des longues journées de pédalages.

Il a déjà participé au Giro, le tour d’Italie ainsi qu’à la Vuelta, le tour d’Espagne

Cette année son équipe ne l’a pas choisi pour courir au Tour de France et c’est pour ça qu’il a décidé de le faire, en solitaire.
Mais ça demande évidemment un effort très intense : sur la selle de 6 heures à 19 heures, 300 kilomètres en moyenne par jour. Parce que Morton ne fait pas les choses à moitié. A l’heure où les sportifs du tour se font masser à l’hôtel, en fin de journée, notre Australien rallie les villes d’arrivée et de départ, fais ses courses, gonfle son matelas à la bouche et plante sa tente en forme de tunnel, à peine plus grande que lui.

Prendre soin de moi, camper, cuisiner, c'est difficile, mais c'est ce qui rend cette aventure si unique pour moi. ça m'aide à ne pas penser qu’à la course. Si quelqu'un s'occupait de ça, si j’avais une voiture d'équipe avec de la nourriture, je ne ferai que compter les kilomètres. Alors que là je me dis : Ok, je dois m'arrêter ici et prendre de la nourriture ici, ensuite je peux aller au camp, et puis je dois me rappeler que je dois recharger cette lampe, faire ci ou faire ça... Il y a toujours quelque chose pour m’occuper et ça me permet de rester très attentif.

La solidarité au bout des pédales

Sur son chemin quelques amateurs le soutiennent. Certains grimpent même avec lui le col de la Core, en Ariège. Morton aime la compagnie, il a surtout le cœur sur la main : pendant son épopée des dons sont récoltés pour l’association World bicycle Relief qui offre des vélos aux enfants dans le besoin.

Finalement, Morton est sportif, courageux, humaniste. Et certainement très sympa : il porte des sandales, et on est forcément sympa quand on porte des sandales J

Un tour en solitaire à suivre sur alttour.ef.com