Un coup de tonnerre en tennis ce matin avec la sortie des Jeux de la Japonaise Naomi Osaka, qui était pourtant ultra favorite. Et une médaille anglaise érigée aussi en espoir pour les jeunes LGBT.

Tom Daley, Matty et Naomi Osaka aux Jeux Olympiques à Tokyo en juillet 2021
Tom Daley, Matty et Naomi Osaka aux Jeux Olympiques à Tokyo en juillet 2021 © : Adam Davy/Maxppp et Keita Iijima / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

La Japonaise Naomi Osaka

La tête de série numéro deux du tournoi, dernière porteuse de la flamme, vendredi lors de la cérémonie d'ouverture, la Japonaise Naomi Osaka a perdu. On pensait qu'elle avait pris son élan dans ce stade olympique. 

On l'avait vue rayonnante, heureuse de porter cette flamme, elle qui a eu une relation un peu difficile avec le Japon. 

Elle a souvent été victime de racisme, de discrimination. Elle qui est née au Japon, qui ensuite est partie aux Etats-Unis avant de faire le choix du Japon. C'était un retour en grâce, en quelque sorte pour elle vendredi, dans ce Stade olympique, que de porter la flamme en dernier.

Elle s'est jetée dans ce tournoi féminin de tennis. Elle a passé un premier tour. Et puis, coup de tonnerre, il y a quelques minutes, elle a été éliminée par la Tchèque Marketa Vondrousova 6-1, 6- 4. Naomi Osaka a dit adieu à ce tournoi. 

On sait qu'elle avait eu un printemps difficile. Elle avait notamment quitté Roland-Garros avant même de disputer le premier match pour préserver sa santé mentale. Elle qui ne souhaitait plus participer aux conférences de presse. Elle a traversé une période extrêmement difficile. On pensait qu'elle revenait à son meilleur niveau. Elle a donc été éliminée il y a quelques minutes, tout comme d'autres têtes de série, dans un tournoi féminin qui est complètement chamboulé désormais. 

Une médaille d'or devenue un vrai symbole

La médaille d'or du plongeon synchronisé à 10 mètres, obtenir par le duo britannique Tom Daley et Matthew Lee dans le petit bassin du centre aquatique de Tokyo. Si je vous en parle ce matin, ce n'est pas uniquement pour le côté esthétique de la discipline, mais c'est le discours de Tom Daley après sa médaille qui a marqué les esprits. 

L'athlète a fait son coming-out en 2013 et hier, devant la presse du monde entier, il a tenu à raconter ses difficultés à être homosexuel dans le milieu du sport : 

"J'étais très jeune à l'école. J'ai toujours eu l'impression d'être seul, différent et jamais à ma place, il y avait quelque chose en moi qui faisait la société de m'acceptait, pas entièrement. Mais aujourd'hui, je suis fier de dire que je suis un homme et aussi un champion olympique."

Une médaille que Tom Daley a érigée aussi en espoir pour les jeunes LGBT. "Peu importe si vous vous sentez seul en ce moment, vous n'êtes pas seuls", a déclaré le plongeur britannique. "Vous pouvez tout réussir", leur a-t-il assuré. Et son parcours en est la preuve. "Je pensais que je ne serai jamais rien à cause de ce que je suis." Et le voilà champion olympique. Et sur une photo du podium, on voit d'ailleurs une larme couler sur sa joue au moment de recevoir sa médaille. 

Ces prises de position chez les sportifs sont assez rares, mais ce n'est pas tout à fait un hasard si c'est le cas ce matin de ce Britannique qui montre la voie. 

A 27 ans, Tom Daley a en effet déjà un parcours de sportif accompli et de militant depuis longtemps. Sportif d'abord, lui qui a découvert le plongeon à l'âge de sept ans. Dans une interview, il avait avoué avoir pleuré pendant un quart d'heure avant de se lancer pour la première fois dans un plongeon inversé depuis la plateforme à 10 mètres. On peut le comprendre. 

Et dès 2007. Les premières victoires se sont très vite enchaînées. Alors qu'il n'a que 12 ans, il obtient une dérogation spéciale, car normalement, les compétitions ne sont accessibles qu'aux plus de 15 ans. 

Aujourd'hui, le natif de Plymouth cumule trois médailles olympiques et quatre titres de champion du monde. Tom Daley est aussi très actif sur les réseaux sociaux et c'est par une vidéo qu'il avait révélé son homosexualité, il y a huit ans, en faisant un modèle pour la communauté LGBT. 

Son mari était un réalisateur américain de 20 ans son aîné. Ils ont un fils né à la suite d'une GPA (gestation pour autrui). Tom Daley dit vouloir maintenant serrer son mari et son fils dans ses bras pour célébrer cette victoire.