Les Jeux de Paris 2024 sont lancés, mais la flamme, elle, est toujours à Tokyo, car dans quinze jours, elle sera rallumée pour les Jeux paralympiques. Les deux porte-drapeaux français préparent leurs valises et une très grosse valise même pour le tennisman Stéphane Houdet !

Stephane Houdet lors de la finale Handi de simple masculin, Open des États-Unis, septembre 2019
Stephane Houdet lors de la finale Handi de simple masculin, Open des États-Unis, septembre 2019 © AFP / ELSA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Car sa raquette ne pèse que 322 grammes, son fauteuil, même tout en carbone, reste très volumineux. Depuis 16 ans maintenant, Stéphane Houdet court après la petite balle jaune sur toute la planète. Vétérinaire de formation, il était un très bon joueur de tennis avant un accident de moto il y a 25 ans, qui lui détruit le genou gauche. 

Après sa convalescence, Stéphane se met d'abord au golf en catégorie handisport. Mais en 2004, sa jambe accidentée le fait tellement souffrir qu'il décide de se faire amputer. Hasard de la vie ou destinée, cette même année 2004, il croise une légende du foot, le Néerlandais Johann Cruyff, dont la fondation œuvre pour la pratique sportive des enfants handicapés. Johann Cruyff conseille alors aux golfeurs nantais de se mettre au tennis. 

Au lendemain de son amputation, Stéphane Houdet se met au tennis fauteuil. Après, tout s'enchaîne très vite. Il faut dire que le bonhomme est tout à la fois sportif pressé, compétiteur dans l'âme et un entrepreneur entreprenant. Quatre ans après son amputation, il devient professionnel de tennis en fauteuil. La même année, il est médaillé d'or aux Jeux paralympiques de Pékin. C'est la première récompense d'une impressionnante série. 

Mais au-delà, la satisfaction des victoires, ce qui stimule Stéphane Houdet, c'est la recherche, toujours chercher l'amélioration du matériel et de la performance. Il travaille avec le Centre d'études et de recherche sur l'appareillage des handicapés pour la conception de son fauteuil. Et depuis six ans, il joue avec un prototype entièrement en carbone qui pèse moins de 10 kilos. Un fauteuil dans lequel Stéphane ne joue plus assis, mais à genoux. Ça lui permet de se positionner différemment, d'avoir le corps beaucoup plus vers l'avant. Il gagne en allonge. Ses coups sont plus puissants et rapides. 

Si vous ne l'avez jamais vu jouer, ne ratez pas les Paralympiques à partir du 24 août. C'est spectaculaire. D'ailleurs, la pratique du tennis fauteuil séduit de plus en plus de valides. Même les champions que croise Stéphane Houdet sur le circuit international.

C'est une des particularités que Stéphane Houdet apprécie le plus dans son sport validé, Handi se retrouve sur les mêmes tournois, même les plus grands, aux Etats-Unis, la finale de l'US Open se joue sur le même central Arthur Ashe ; à Melbourne, sur le Rod Lever, mais à Roland-Garros, il n'y a pas encore eu droit à l'honneur du Philippe Chatrier. Des Grands Chelems aux Jeux olympiques, il n'y a qu'un pas, mais encore un pas de géant. Stéphane rêve qu'un jour aux J.O aussi, les sportifs, avec ou sans roues ou prothèses, partagerons et feront partager leur passion ensemble, que la flamme s'allumera en même temps pour tous.

Le drapeau de Paris 2024 flotte sur la capitale. Mais les Jeux olympiques de Tokyo ne sont pas terminés. Nous les partagerons ensemble à partir du 24 août sur France Inter. Et pour être complet, la porte drapeau avec Stéphane Houdet, ce sera la judokate Sandrine Martinez.