On plonge et on retient son souffle aujourd'hui dans l'histoire de sport aux côtés d'une championne qui enchaîne les records.

Alice Modolo en 2019
Alice Modolo en 2019 © AFP / YANN COATSALIOU

Elle s'appelle Alice Modolo. Elle dispute une compétition mythique aux Bahamas en ce moment même après le record du monde à 95 mètres, dimanche. Elle va tenter aujourd'hui de descendre encore plus profond. 

Trois minutes et 15 secondes sans respirer. Je ne sais pas vous, mais moi, ça m'impressionne.

Alice Modolo, elle, a décroché ce week-end le record du monde féminin en poids constant bi palmes en descendant à 95 mètres. Mais il y a une petite voix dans sa tête qui l'anime depuis des années. Elle veut descendre à 100 mètres, peut être-aujourd'hui en mono palmes. 

Difficile de se mettre à sa place, d'imaginer ce qu'on peut ressentir comme ça sous l'eau. Alors le mieux, c'est de lui laisser la parole pour qu'elle nous le raconte : 

Alice Modolo : "On doit en emmagasiner de l'air dans la bouche pour pouvoir l'utiliser tout au long de la descente, pour pouvoir compenser jusqu'au fond parce qu'on se fait complètement broyer par la pression. Une fois que je saisis câble, je sais que j'ai fait la moitié du travail, mais le plus physique arrive. 

Il faut que je remonte 95 mètres à la seule force de mes jambes. 

Et là, la seule chose que j'attends, c'est la température de l'eau qui devient de plus en plus chaude. C'est un repère très important pour moi. Et puis, repère, c'est de voir l'apnéiste de sécurité qui nous fait un petit bruit de gorge pour nous signaler que ça y est on est à 30 mètres. 

Même si on se sent bien sous l'eau, la sortie peut être vraiment effroyable, dans le sens où c'est brutal. On se réveille en sursaut d'un rêve. 

On était comme dans un état méditatif et d'un coup, la réalité nous saute au visage. Et là, il faut gérer." 

Les risques comme les syncopes, elle en a fait une il y a deux ans, mais elle n'y pense pas

"C'est comme une chute à vélo", dit elle. "Cela fait partie du jeu. Il ne faut ni les appréhender, ni en avoir honte. Sinon, on se met des freins énormes".

Cette Clermontoise de 37 ans, que rien ne prédestinait à la plongée, chirurgien dentiste de profession, se consacre à sa passion et à ses performances depuis quelques années seulement. Meilleure apnéistes de France et championne d'Europe 2020, elle compare la compétition à laquelle elle participe jusqu'à dimanche aux Bahamas, à un tournoi de tennis comme Wimbledon. Il faut dire que le spot vertical Blue est vraiment spécial. 

Alice Modolo : "C'est un trou noir. Il fait nuit noire. On est obligé de mettre des petites lumières sur notre cagoule pour pouvoir illuminer le câble parce qu'on le perd de vue. Et ça, ça démultiplie toutes nos sensations, toutes nos émotions. Et puis, on se sent aussi protégé parce qu'on touche pas au milieu de l'océan. On a ce trou juste à côté de la plage." 

Pour Alice Modolo ces plongées en apnée sont des voyages qu'on a envie de faire ou pas. Une façon aussi de montrer les incroyables capacités de l'être humain dont il faut prendre conscience. 

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