Les sports collectifs français (basketteurs, handballeurs, volleyeurs) sont tous qualifiés pour la finale. Cette réussite aux J.O est aussi une revanche pour les sports de salle durement touchés par le Covid. Coup de projecteur aussi sur un athlète pas comme les autres : Noah Lyles.

L’équipe de France féminine de handball se hisse en demi-finales des JO contre la Suède après avoir battu les hollandaises en quart, 4 août 2021
L’équipe de France féminine de handball se hisse en demi-finales des JO contre la Suède après avoir battu les hollandaises en quart, 4 août 2021 © AFP / CURUTCHET VINCENT / KMSP

Quand la réussite du BHV français aux JO redonne des couleurs aux salles de sports

Les salles auraient pu être leur tombeau dans le BHV, le basket, hand, volley, l'économie a souffert durement des tribunes vides, huis clos oblige, des licences en chute libre jusqu'à près de 60 % selon les clubs. Moins de spectateurs et moins de pratiquants, ce sont des finances en berne, des millions d'euros attendus et qui ne rentrent pas. 

La conséquence directe de tout ça, c'était celle de voir des clubs mettre la clé sous la porte. Les présidents des trois fédérations ont tiré la sonnette d'alarme parmi d'autres. C'était en février dernier, face à l'incertitude. Les licenciés reviendront-ils à la rentrée 2021 ? La question est toujours la même, mais, là, l'inquiétude était grande. Mais ça, c'était avant les Jeux olympiques. Le Basket, le hand, le volley, trois sports qui fonctionnent grâce à leur vitrine les équipes de Français et, à quelques semaines de la rentrée, les sourires sont de mise, les dieux du BHV ont entendu l'appel des Français et les licenciés devraient revenir en masse malgré l'incertitude liée à la quatrième vague. Pour ce qui est des tribunes, il faudra un pass sanitaire. Mais là-dessus, les médailles olympiques n'y pourront rien changer. 

L'histoire du jour à présent : Noah Lyles 

Les Jeux olympiques, ce ne sont pas que des moments de gloire et de joie. Il y a aussi des stars qui passent complètement à côté de l'événement, comme les sprinters américains. Pas de médaille d'or pour eux, ni sur le 100 mètres, ni sur le 200 mètres. Rien sur le relais 4 fois 100 non plus. Même pas qualifiés pour la finale. Mais ce n'est sans doute que partie remise pour l'un d'entre eux. Il s'appelle Noah, il a 24 ans. Il a eu la médaille de bronze mercredi sur le 200 mètres. Et pourtant, rien ne prédestinait cet enfant chétif à devenir une star de la piste. 

Asthmatique, le jeune Noah Lyles est branché à un aérosol, dépressif, il souffre de troubles à l'école et de dyslexie. Il en tire une grande frustration qu'il évacue dans la salle de gym et dans les stades portés par ses parents, il grimpe vite vers les sommets. 

Considérer ce sprinter américain à ses seules performances sur la piste, serait bien réducteur, car c'est bien plus qu'un artiste de l'athlétisme, c'est un artiste tout court, il s'essaye à la mode. Il dessine lui-même ses chaussettes au dessin, à la peinture et surtout à la musique, le rap en particulier. Il a déjà sorti un album, mis en ligne plusieurs titres comme il y a un an avec ce single "Black Life". Une chanson dans lequel il exprime "la douleur et la peur que tous les Noirs doivent affronter dans leur vie". La musique qui lui sert à faire passer des messages, car il est aussi un citoyen engagé, lui qui est né le même jour que Nelson Mandela, un 18 juillet, il a pris la parole pendant le mouvement Black Lives Matter, il a posté sur les réseaux sociaux la photo iconique de Tommie Smith et John Carlos le poing levé lors des JO de Mexico en octobre 1968. 

La piste, c'est mon côté physique, la musique, c'est mon côté émotionnel

Journalistes 

  • Xavier de Monferran
  • Jérôme Val