En Irlande, voilà maintenant deux ans que le gouvernement affronte la rue sur cette question. Question qui pourrait prendre la forme d’un referendum l’année prochaine.

Robinet
Robinet © Getty / Jumping Rocks

L’eau, on pense que ce n’est pas un sujet: on tourne le robinet et ça coule.

Mais si demain, l’Etat vous taxait chaque verre d’eau consommé? Si chaque petit millilitre était mesuré ?

Et si en cas d’impayé, on vous coupait l’accès à l’eau aussi simplement que l’électricité ?

C’est contre une mesure similaire que les Irlandais sont allés manifester assez régulièrement, ces deux dernières années. Parce que l’accès à l’eau comme service public universel de base ne va pas forcément de soi, ou plus forcément de soi.

Ailleurs en Europe, dans certaines municipalités comme à Thessalonique en Grèce ou Valladolid en Espagne, il y a eu pas mal de roulis aussi: des mouvements de privatisations, et puis devant la grogne des habitants, des re-municipalisations.

C’est justement pour éviter ce genre de déboires que les Slovènes ont, il y a deux semaines, rajouté une ligne à leur Constitution:

« Le droit à l’eau potable est un droit inaliénable de la personne humaine. Elle ne peut pas être privatisée. L’eau courante n’est pas une marchandise »

Et ça c’est une première en Europe. Texte adopté à l’unanimité. En Europe, il y a eu une initiative citoyenne sur ce sujet, qui a réuni 2 millions de signatures et s’appelait « L’eau un droit humain », lancée il y a quatre ans.

Pourquoi cette pétition? Parce d’un côté vous avez les Nations Unies qui vous disent que l’eau potable est un droit fondamental, et de l’autre l’Europe qui nous dit que c’est pas tout à fait un produit comme les autres. Ce qui vous en conviendrez, n’est pas aussi limpide.

Ceci étant dit, cette année, il y a eu aussi une petite avancée à la Commission Européenne pour aller dans le même sens que les Slovènes. Une ligne ajoutée dans une directive sur l’eau potable pour dire qu’il fallait la garantir.

Mais là encore la formulation n’est pas aussi franche que celle des Slovènes. C’est en tous cas ce que pense la Fédération Syndicale des Services Publics qui se bat sur le sujet.

Ce qu’elle surveille, cette Fédération c’est que demain, le CETA, le traité avec le Canada, n’ouvre pas la voie à la privatisation de nos nappes phréatiques.

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