Pour la neuvième année consécutive, le mois de novembre est celui de l’Economie Sociale Et Solidaire organisé partout en France par les Chambres régionales de l’ESS.

L’occasion de mettre en lumière Karethic, une entreprise franco béninoise qui fabrique du beurre karité.

Quand Carole Tawema, la directrice de l’enseigne est allée présenter son dernier produit aux grands magasins parisiens, on lui a dit que ce n'était "pas tout à fait pour la clientèle de la maison".

Mais il faut sortir de ces clichés, d’abord parce qu’il y a derrière cette marque une belle histoire économique : un arbre sacré en Afrique, l’arbre de karité que seules les femmes ont le droit de toucher.

Ce n'est pas exactement un privilège dans la mesure où la récolte des amandes de karité se fait à la pire saison : celle de la soudure, entre juin et septembre. Vous comprenez maintenant pourquoi on a laissé ça aux femmes. Deux sœurs béninoises, les sœurs Tawema, ont décidé de transformer cette corvée en atout. Avec les femmes des villages béninois, elles ont monté douze coopératives, qui chacune, a élu sa présidente. Cela fait 500 femmes au total, et 700 en 2016 si on rajoute celles qui ont adhéré au projet depuis. Elles ramassent les amandes et les font sécher une aire de jeux a été crée à côté pour que les enfants puissent garder leur mère à l’œil.

Et puis ensuite, toutes ces amandes sont amenées au torréfacteur, dans le nord du pays dans le département de l’Atacora. Ce torréfacteur a été fabriqué spécialement pour répondre aux normes américaines : il ne fallait pas une trace de fer ou d’aluminium si les femmes voulaient exporter leur beurre en Amérique du Nord.

Résultat : un torréfacteur fait sur mesure pour un produit pur. Ensuite l’huile décante, elle part dans un container direction Marseille et là ce sont trois sous traitants français qui prennent le relais, selon un procédé à froid qui permet de garder toutes les vertus du produits.

L’année dernière, ce sont quatre tonnes de beurre qui ont ainsi été produits et transformé en cosmétiques, et dix tonnes cette année. Dix tonnes pour lesquelles les femmes béninoises ont été rémunérées au dessus du prix du marché. Les travailleuses ont fixé elles-même le tarif en concertation avec l’entreprise. En bout de course, vous trouvez cette huile de beauté dans les magasins spécialisés bio. Les sœurs Kawema exportent dans une dizaine de pays et seront presque bénéficiaires cette année.

Et si demain vous testez Karethic, vous sauverez votre peau mais aussi celle de quelques centaines de béninoises. « Vous sauverez votre peau » c’est le slogan qu’elles se sont choisi.

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