Un rapport sénatorial pointe du doigt les opérateurs qui ne jouent pas le jeu du recyclage des téléphones portables.

Téléphones portables
Téléphones portables © Corbis / Science & Society Picture Library

Et si demain, on recyclait son téléphone ? Et si on se préoccupait un peu des 100 millions de portables qui dorment dans nos tiroirs ? Ceux qu’on garde « au cas où »… si on perd l’autre.

Tous les ans, nous achetons rien qu’en France, 24 millions de téléphones neufs. Le vieux, en principe, on devrait le ramener à l’opérateur qui nous l’a vendu.

Sauf qu’on est loin du compte. En 2015, SFR, Bouygues et Orange n’ont collecté que 15% des portables usagers. Statistique qui place la France loin derrière la Grande-Bretagne et les Etats-Unis qui recyclent, eux, 35% du matériel.

Très souvent, et c’est dommage, ce manque de volonté a une origine toute simple. Personne n’a très envie de ramener cet appareil devenu intime qui contiendrait encore des SMS, son carnet d’adresses ou même des photos. Mais au delà des utilisateurs, ce sont les opérateurs qui ne font pas le maximum.

En principe, ils doivent envoyer le matériel à des recycleurs agréés. En France, il en existe un très bon d’ailleurs : « les ateliers du bocage », installé dans les Deux-Sèvres.

Depuis 2008, cette petite PME, membre du mouvement Emmaüs reprend, trie, revend et démonte les téléphones. Mais il y a un an, devant la baisse d’activité, elle s’est retrouvée à licencier.

Parce que deux de nos opérateurs bien connus se sont mis à écouler leurs déchets à des courtiers à l’étranger, notamment en Roumanie. Pourtant, nos téléphones sont de véritables mines, à plusieurs titres.

  • Votre carte électronique, c’est une mine d’or, d’argent, d’étain, de cuivre de platine de palladium et de tungstène.
  • Votre antenne, c’est une mine de cuivre
  • Votre batterie c’est une mine de cobalt et de lithium
  • Et votre écran de l’indium.

Or, nous explique Marie-Christine Blandin, la sénatrice qui a coécrit le rapport, il suffirait d’envoyer ces cartes ces antennes ces batteries et ces écrans dans les fonderies appropriées pour créer un nouveau cercle vertueux de croissance et d’emploi. Morphosis au Havre, la fonderie d’Auby près de Douai, Terra Nova Metal à Isbergues dans le Pas-de-Calais ou Umicore près d’Anvers, sont nos mines de demain.

Toutes ces industries sont capables de re-transformer vos cartes électroniques en lingots d’or, ou d’argent. Si demain, on recyclait nos portables, nous serions face à un beau gisement de croissance et d’emploi. Et une autre manière de préserver la planète.

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