A partir du 14 octobre prochain, un tribunal d’un genre tout à fait inédit va se tenir à La Haye aux Pays Bas. Sur le banc des accusés: Monsanto.

Roundup, herbicide produit par Monsanto
Roundup, herbicide produit par Monsanto © Maxppp / Sebastien JARRY

Et si demain, la société civile jugeait et condamnait Monsanto ? Et si demain, vous, moi étions partie civile dans un procès pour mettre ses dirigeants en prison ? Le tribunal qui se réunira dans une dizaine de jours à la Haye n’a pas d’autre objectif. Même si le jugement rendu sera tout à fait symbolique.

Sous le parrainage de la documentariste Marie Monique Robin, du juriste belge Olivier de Schutter, soutenu par Nicolas Hulot, Corinne Lepage ou encore Vendana Shiva, il va réunir des agriculteurs et une trentaine de témoins.

Devant cinq juges à la retraite et des milliers de militants, ils expliqueront :

  • Comment Monsanto empoisonne la vie des sols.
  • Met en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète.
  • Empêche de resemer.
  • Met en danger les animaux.
  • Tue à petit feu les paysans qui utilisent leurs produits.

Ce tribunal se tient à la Haye mais il n’a rien à voir avec la Cour Pénale Internationale. Cependant, le lieu n’a pas été choisi au hasard.

Au XXe siècle, expliquent les organisateurs, après la Shoah, il a fallu lui donner un nom au crime contre l’humanité. On a dit génocide.

Au XXIe siècle, il faut maintenant nommer les conséquences du commerce de Monsanto-Bayer. Pour les militants écologistes le crime d’écocide, doit donc entrer dans le droit pénal. D’ailleurs, il y a trois semaines, la CPI a décidé d’intégrer l’environnement dans ses enquêtes. C’est un premier pas dans cette direction, une petite graine semée dans le droit international.

Officiellement Monsanto n'a pas réagit. D’ailleurs personne n’a réceptionné la lettre envoyée au siège à Saint Louis dans le Missouri. Mais au détour d’un article publié dans le magazine Forbes, on connaît sa position.

Ce tribunal, uniquement à charge n’est qu’une blague, dit Monsanto, c’est un faux tribunal, qui ne relève ni de la CPI ni de l’ONU, ni de quelque institution existante. Une opération sans valeur donc. Et l’heure est au mépris.

Mais si dans dix jours, les audiences font autant de tapage que le souhaitent les militants, la firme passera sans doute à une communication plus musclée

>> Pour mettre sur pied ce tribunal, une opération de crowdfunding a été lancée. Elle a récolté 332 000 euros, il lui manque encore 76000 pour fonctionner.

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