En Suisse, en Californie et France, le débat sur le revenu de base revient régulièrement depuis plusieurs mois. Le gouvernement finlandais passe, lui, à la vitesse supérieure.

Les vieilles rues d'Helsinki mènent à la cathédrale.
Les vieilles rues d'Helsinki mènent à la cathédrale. © Maxppp / BEP

Et si demain, la Finlande, adoptait ce revenu universel ? Et si demain, d’Helsinki à Vadseu, tout le monde disposait, d’une somme minimale versée tous les mois pour vivre décemment?

Qu’il ou elle travaille… ou pas.

Ce mois-ci la Finlande franchit un grand pas dans cette direction.

Pour lancer le premier test grandeur nature au monde, le parlement va examiner d’ici 15 jours la faisabilité du projet. Ensuite mi novembre, la sécurité sociale finlandaise, KELA, remettra son rapport pour éclaircir le côté pratique. Et si toutes ces étapes sont franchies sans encombre, le revenu universel naîtra le premier janvier prochain.

2000 personnes, âgées de 25 à 58 ans, tirées au sort, recevront chaque mois un chèque de 600 euros environ. 

Fini l’empilement des minima sociaux, les heureux élus recevront leur aide en une fois, tout en ayant toujours droit à une couverture santé gratuite. Et ça pendant deux ans. Coût de l’opération pour l’Etat: 20 millions d’euros.

Un revenu de base complet, c’est entre 1000 et 1500 euros. Les défenseurs de l’idée en Suisse voulait même aller jusqu’à 2500. Le chèque reçu tous les mois couvrirait en une fois le chômage, la maladie et la retraite…

Mais les Finlandais ont préféré renoncer à cette ambition, parce que ça aurait fait des perdants. Et surtout parce qu’avec ça ils dépassaient leur cagnotte à 20 millions pour l’opération.

Donc, dans la population testée en janvier prochain, il n’y aura ni travailleur à temps partiel, ni étudiants ni entrepreneurs. Trop compliqué à gérer. D’où, avant même sa mise en place, un certain nombre de détracteurs sur l’aile gauche du gouvernement finlandais qui crient à l’injustice.

Et puis l’aile gauche est d’autant plus critique qu’elle n’aime pas le côté libéral de cette idée. Car si vous simplifiez le système de prestation sociale, coûteux, complexe et pas toujours efficace, et bien vous réduisez la voilure de l’Etat, et donc le nombre de fonctionnaires. Ce qui explique pourquoi en France, le revenu de base est aussi défendu par Frédéric Lefebvre, Alain Madelin ou Christine Boutin

Quoi qu’il en soit, l’idée continue de faire des émules.

Chez son voisin, la Norvège, le revenu de base est le sujet tête d’affiche au Protest Festivalen qui s’est ouvert ce week-end.

Et si demain, la Finlande faisait le premier pas, elle serait sans doute très rapidement suivie dans ces sens en tous cas dans les pays du Nord

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