L’équipementier automobile Faurecia a mis en place « Otto », son propre système de co-voiturage interne. 

Co-voiturage
Co-voiturage © Getty / Hero Images

C’est l’histoire d’un groupe privé qui prend l’initiative de baisser ses émissions de CO2. Tout est parti, au printemps dernier, d’un classique séminaire d’entreprise. Rendez-vous est donné à une vingtaine de cadres de Faurecia, à Saint Jean de Madère, au Portugal. L'entreprise qui a des filiales dans une trentaine de pays. Ces cadres viennent tous des quatre coins de la planète. Chacun a donc pris sa valise à roulette. Atterrissage à l’aéroport. Location de voiture. Direction la succursale. Chacun tout seul, en terre inconnue dans sa petite voiture de location

Parmi eux, le Français Paul Anthoine-Milhomme a trouvé ça absurde

ll s’est donc mis en tête d’inventer un système où les cadres de Faurecia pourraient se mettre en relation les uns avec les autres pour éviter ce gaspillage. Car Faurecia c’est 103 000 salariés : les ouvriers, sédentaires qui fabriquent l’habitacle de nos voitures. Mais aussi potentiellement 40 000 cadres qui coûtent cher en frais de mission.

Paul, qui travaille à la direction informatique, va donc voir sa hiérarchie et lui propose un plan qui peut faire économiser à la boîte 1 à 2 millions d’euros de locations de voiture : O.T.T.O, une plateforme de covoiturage interne à l’entreprise.

Et si demain, les cadres pensaient à partager leurs voiture? Plus économique. Moins polluant Et quand même plus sympa pour aller dans ces zones industrielles reculées, introuvables même avec le GPS. Et parfois il faut le dire aussi un peu sinistres. Faurecia donne son feu vert. En à peine quelques mois, la plateforme est montée.

Techniquement très simple. Juridiquement plus compliqué.

Car il faut répondre à toutes les exigences de la CNIL, la Commission Informatique et Libertés. Et elle vient de passer le cap de la sept-millième mise en relation.

Les plus gros utilisateurs en France, puis aux Etats-Unis puis au Mexique en Espagne en Inde et au Portugal. Mais c’est réservé aux cadres, parce qu’ils possèdent un courriel interne. Ce qui n’est pas le cas des ouvriers… Qui pourtant eux aussi pourraient avoir envie et besoin prendre Otto et pas leur auto pour aller travailler chaque matin.

L’idée est pour l’instant en suspend. Mais puis pour revenir aux cadres, l’un d’entre eux qui a utilisé le service proposait encore une nouvelle idée. Et si demain, Faurecia connectait son co-voiturage à la plateforme à Carlson Wagon Lit ? Vous savez cette agence qui gère encore souvent les voyages d’entreprise. Ainsi elle pourrait organiser le vol l’hôtel et le co-voiturage…

Bien sûr Faurecia n’est pas la seule entreprise à initier ce genre de plateforme. Mais on a là un modèle assez convaincant, dont on voit bien les intérêts bien compris pour le groupe, ses salariés… Et l’environnement.

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