La COP 22 s’ouvre aujourd’hui à Marrakech. Objectif : réaliser concrètement ce qui a été signé sur le papier à Paris.

BedZed à Londres
BedZed à Londres © Getty / Marco Bulgarelli

Pour limiter le réchauffement du climat sous la barre des deux degrés symboliques, une ville anglaise a pris les devants.

Imaginez ces enfilades de maisons anglaises typiques : rajoutez trois étages supplémentaires, mettez des panneaux solaires sur les toits, remplacez les bow window par de grandes baies vitrées, comme ça il n'y a presque pas de murs sur la façade.

L’hiver, pour maintenir les pieds au chaud, c’est un chauffage par le sol.Il y a un ballon d’eau chaude commun et grâce aux panneaux solaires, l’électricité est auto produite, mais quand il y a un surplus, elle bénéficie à toute la ville.

C'est ça BedZED. Un petit quartier de 250 habitants construit dans la ville de Sutton dans le sud de Londres. BedZED pour « Beddington Zero Energy Development ». Des maisons éco solaires sur deux hectares, construites en suivant une règle d’or : 0 carbone.

Les dubitatifs vont dire que ça ressemble à un nid à bobo, mais ce n'est pas exclusivement le cas, et c'est ce qui rend l’endroit assez intéressant. Car quand les logements ont été mis en vente il y a une dizaine d’années, la moitié l’a été au prix du marché, un quart réservé aux logements sociaux et le dernier au logement collaboratif (plusieurs propriétaires qui achètent ensemble).

C’est la fondation Peabody qui a financé le projet, une fondation qui finance d’habitude les HLM, donc la mixité sociale lui tenait particulièrement à coeur.

Et le surcoût des installations écolo a été amorti par les bureaux et les commerces, d’où l'équilibre.

Et le système a fait des émules, d’abord à Brighton, puis dans ce petit village d’Ungersheim en Alsace qui a pris modèle sur BedZED, et puis aussi à Sonoma en Californie.

Maintenant, il y a quand même une chose à savoir : il y a quelques mois il y a eu là bas une super épidémie de rats. Ils se sont fait des nids douillets dans les locaux à poubelle et à compost. L'infestation a été telle que les habitants n’osaient même plus y aller. Il y a eu d’autres déboires, comme les panneaux solaires et les baies vitrées c’est bien, mais l’été c’est étouffant et donc on réajuste avec la clim, ce qui finalement est un jeu à somme nulle.

Malgré tout, la ville aurait réussi à diviser par deux ses émissions de gaz carbonique, ce qui, rien que pour ça, mérite que l’on parle d’elle à Marrakech.

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