Dans le domaine du recyclage, les Etats-Unis et la Chine savent encore nous étonner.

Les deux pays les plus pollueurs de la planète recyclent leurs excréments
Les deux pays les plus pollueurs de la planète recyclent leurs excréments © Maxppp / Séverine Courbe

Au lieu de les jeter on les collecterait. Agrémentés d’un petit cocktail de bactéries on les laisserait se décomposer dans une gigantesque cuve, ce qui nous donnerait un biogaz qui remplacerait le gaz naturel.

Et puis c’est pas fini. On garderait aussi les restes de cette petite cuisine, on les laisserait sécher pour produire cette fois du combustible pour se chauffer.

Le recyclage des excréments : les deux plus grands pollueurs de la planète s’y sont déjà mis.

La station d’épuration de Washington DC est la plus grande usine au monde à générer de l’électricité et du compost à partir d’excréments humains. On en trouve une aussi en Chine ainsi qu’à Nairobi au Kenya.

Il faut un bon bouche-nez, mais le processus est rentable. Les chiffres sont assez convaincants. Selon un rapport publié l’an dernier par un institut de recherche de l’ONU, nos excréments ne vaudraient pas de l’or mais presque. Vous voulez connaître en dollars la valeur de vos matières fécales ?

200 millions de dollars. C'est à dire 178 millions d’euros. Certains chercheurs vont même jusqu’à les évaluer à 376 millions de dollars, 334 millions d’euros.

Et le plus intéressant parce qu’on n’en est quand même pas à les vendre c’est qu’elles permettraient de produire de l’électricité de 138 millions de foyers.

L’autre intérêt, dans des pays comme l’Inde ou un continent comme l’Afrique, est sanitaire. Car la collecte de cette précieuse matière première serait aussi un encouragement à la mise en place de toilettes qui manquent encore cruellement. Selon des estimations des Nations Unies près d'un milliard de personnes dans le monde n'utilisent pas de WC en 2016, dont environ 60% en Inde.

Enfin utiliser ce genre de combustible c’est renoncer à détruire les arbres et s’assurer une autonomie énergétique.

Avec le solaire, l’éolien, le recyclage de nos matières fécales est aussi une manière de s’affranchir des grands pourvoyeurs d’énergie dont nous sommes captifs. Vous y repenserez à deux fois avant de tirer la chasse d’eau.

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