En Belgique, une petite société fait parler d’elle, car huit de ses salariés se sont fait implanter une puce sous la peau.

A l'ère des puces implantées sur les salariés, le nombre d'informations échangées par une simple poignée de main devient exponentielle
A l'ère des puces implantées sur les salariés, le nombre d'informations échangées par une simple poignée de main devient exponentielle © Getty / John Lund

Tout ça à cause de l’un d’entre eux qui avait ENCORE oublié son badge.

Alors exaspéré, d’avoir une énième fois à se lever pour lui ouvrir, l’un des patrons de cette boîte, Newfusion, lui a fait cette proposition: et si demain te la greffais sous le doigt, ta puce RFID ?

Il a dit oui, l’étourdi, comme sept de ses collègues. Ils sont allés chez le tatoueur du coin qui fait aussi piercing. Une petite incision plus tard, ils avaient comme un grain de riz greffé entre le pouce et l’index. Et plus de problème de badge.

Pour rentrer dans l’entreprise, hop ils passent leur paume devant la porte et c’est "Sésame ouvre-toi".

Trois pas dans l’entreprise et leur chanson préférée se rajoute à la play-list des collègues. Assis devant l’ordinateur, pas de mot de passe: encore un petit balayage de main et le tour est joué.

Officiellement, les huit salariés, tous volontaires, seraient ravis de l’opération.

Cette société belge n’est pas un cas isolé. A San Francisco la pratique est courante.

En Suède aussi, c’est devenu très tendance, et pas que dans les entreprises.

A Stockholm, il y a deux ans la jeune pousse Epicenter a équipé une centaine de ses salariés pour qu’ils puissent entrer, utiliser la photocopieuse. Là encore de façon volontaire. Mais là bas, des milliers de jeunes ont fait ce choix, pour eux. L’idée c’est de se débarrasser des contraintes du quotidien: clés, codes etc.

D’un coup de doigt devant votre téléphone je peux même vous y envoyer ma carte de visite, inscrite dans ma puce. Partant de là, si je rejoins une entreprise c’est elle qui rajoutera d’autres donnés qui se rajouteront à ma puce. Ici, le processus est inversé: il ne vient pas de l’entreprise mais de l’individu

Pratique d’accord mais est-ce bien éthique? Hier quand, j’ai posé cette question à Ernest, un des cadres d’Epicentre, il avait l’air désolé pour moi. Les gens qui se font greffer sont des adultes consentants bien informés et personne ne les y a obligé a-t-il répondu.

Maintenant, en Belgique il y a des réticences, exprimées notamment par la Ligue des Droits de l’Homme. D’abord en termes de santé: qu’est-ce qui se passe en cas d’infection ?

Ensuite se pose naturellement la question du flicage. A chaque fois que le salarié passe devant une borne, il laisse une empreinte. En tant que patron, vous savez précisément à quelle heure, combien de temps il s’est arrêté à la machine à café, combien de temps il est resté aux toilettes etc.

Mais c’est sans parler du piratage. D’ailleurs, le nom du site sur lequel les entreprises se sont approvisionné sonne comme une mise en garde : dangerousthings.com.

Ce n'est pas très précis. Mais tout est dit.

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