Le mois de janvier dans les lycées c’est celui décisif de l’orientation à venir…et souvent des disciplines à choisir à l’université.

Aux Etats-Unis on compte 6 millions de jeunes de 18 à 24 ans, qui n’y accèdent pas et se retrouvent à la porte du monde du travail. Year Up a été créé pour eux.

Et si demain, on pouvait rattraper en une année scolaire une vie qui a mal démarré ?

Et si demain, on pouvait acquérir en 12 mois les connaissances et les clés qui ouvrent le monde du travail, mais pas celui de l’intérim. Le monde des cadres et des contrats stables ?

Aux Etats Unis, Year Up a été créée à Boston, il y a 17 ans, pour ceux qui ont loupé le coche.

De jeunes adultes, sortis du système scolaire, trop pauvres pour se payer l’université, tombés dans la drogue, orphelins, en charge trop tôt d’une famille et finalement condamnés à la survie et la précarité.

A ceux-là, Year Up offre une la formation qui va les propulser chez les plus grandes banques, les plus grandes marques et les plus grandes enseignes du pays: Microsoft, Bank of America, Macy’s...

Certes, les 2500 élèves sélectionnés vont être déchargés des soucis matériels. Une fois entrés à Year Up ils vont avoir droit à 150, 200 dollars par semaine. Mais en contrepartie, discipline, assiduité, et résultats sont exigés. Au moindre faux pas ils perdent leur allocation.

Pour les entreprises, il y a un avantage énorme : c’est qu’elles peuvent influer sur les cours qui y sont dispensés chez Year Up et qui s’adaptent à la demande.

Elles veulent des informaticiens? Year Up forme des informaticiens.

Des cadres administratifs? Year Up forme des administratifs. Des Financiers? Même chose.

On oublie la culture générale, le bagage universel, on forme, avec pragmatisme, pour le besoin immédiat.

Et pour un stagiaire les firmes sont prêtes à débourser près de 24 000 dollars, soit 22 000 euros.

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il y a une demande de cadres intermédiaires. Les jeunes qui sortent d’université, sont bien évidemment plus exigeants une fois en poste.

En embauchant des jeunes au parcours plus heurté, elles instaurent donc une compétition bénéfiques pour elles.

Les cours sont très intensifs, mais surtout, l’école leur offre un trésor: les codes du monde du travail.

Serrer la main, quoi dire pour créer un lien, comment créer un réseau.

Il y a quelques années un jeune homme témoignait pour l’émission 60 minutes.

Orphelin à 14 ans, Year Up lui avait permis de devenir informaticien chez American Express.

Sur le papier c’est du rêve américain en barre, une fois dans l’entreprise, on l’a compris, leur présence est évidemment instrumentalisée pour motiver. Maintenant, les chiffres indiquent que ça marche.

Les jeunes repartent avec un BAC plus 2 en moins d’un an. 85% d’entre eux sont embauchés à temps plein dans les quatre mois qui suivent leur sortie d’école.

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