Pendant toute la campagne électorale américaine, Donald Trump a fait d’Hillary Clinton la candidate de l’Establishment.

Hillary Clinton lors de son allocution du 9 novembre 2016, jour des résultats de la présidentielle américaine 2016
Hillary Clinton lors de son allocution du 9 novembre 2016, jour des résultats de la présidentielle américaine 2016 © Getty / Justin Sullivan

Mais les premières analyses du vote racontent une toute autre histoire. Ces derniers mois, Trump a beaucoup revendiqué le fait d’être le candidat des petits blancs. Des sans-diplômes, des sans grades, bref les cousins au minima social de Bart Simpson.

Mais ce n’est pas si sûr que ce soit eux qui aient élu Donald Trump. En tous cas, pas seulement eux.

Hier, le tweet d'un économiste en colère a été rediffusé plus de 5000 fois.

Will de Freitas disait ceci: « Not a working class revolt, not a working class revolt, not a working class revolt »

Ce qui veut dire en français : "Ceci n’est pas une révolte de la classe ouvrière". Car effectivement, selon les chiffres fournis par l’économiste en question - et contrairement aux clichés - ce seraient bien les plus riches américains qui auraient majoritairement voté Trump avant hier.

  • Chez les super-riches, les Américains qui gagnent plus de 250 000 dollars par an, (230 000 euros) on a voté Trump à 48%.

  • Chez les moins riches, mais très aisés, ceux qui gagnent à peu près 50 000 à 250 000 dollars par an, c’est la même proportion.

  • Ce n’est que quand on redescend sous la barre des 50 000 dollars (46 000 euros) de revenus par an que le vote bascule en faveur de Hillary Clinton.

Etude confirmée par un journaliste de USA Today. Savez-vous dans quels Etats Hillary Clinton a le plus échoué ? Là où il y a le MOINS de chômeurs. Les électeurs n’auraient donc pas voté Trump pour protester contre les inégalités.

Christian Chavagneux, du magazine Alter Eco s’est penché sur la question, et il en déduit qu'ils auraient voté parce que son programme économique a tout pour leur plaire : une réduction d’impôts de 4400 milliards de dollars (4000 milliards d’euros). Mais au delà de la raison financière il y aurait eu une motivation culturelle.Christian Chavagneux du magazine s’est aussi penché sur la question.

Le vote Trump serait celui d’une Amérique veut que rien ne change. Qui veut de la tradition.

Et surtout pas des femmes au pouvoir. Donc si c’est bien cette Amérique là - aisée, blanche, traditionaliste, qui a voté Trump, on peut comprendre maintenant pourquoi les sondeurs ne l’ont pas vu venir. Un peu comme quelque chose d’inavouable. En tous cas, si demain, les plus riches votaient en France pour Marine Le Pen, le diraient-ils haut et fort ? Pas forcément. Fort de l’exemple américain, on peut en tous cas imaginer ce genre de scénario.

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