Depuis la crise de 2008, de nombreuses entreprises françaises ont choisi d’insuffler un peu de bonheur au travail.

Etre heureux au travail
Etre heureux au travail © Corbis / Lucas Schifres

Le laboratoire d’idées La Fabrique de l’industrie a étudié les expériences menées un peu partout et il présente aujourd’hui son rapport.

Et si demain, on travaillait, heureux? Et si, cerise sur le gâteau, être heureux au travail faisait prospérer l’entreprise ? C’est exactement l’objectif que s’est fixé une PME, qui au premier abord ne fait pas rêver.

Maille verte, c’est une entreprise de textile, très loin du prêt à porter. Ici on fabrique des housses de siège de voiture, les alaises, des toiles cirées : du solide de chez solide. Tout ça, basé dans l’Est de la France. Autant dire, pour résumer, un secteur sinistré.

2008, surtout dans l’automobile c’est la crise, et Maille verte fait faillite. Le directeur général de l’entreprise, Eric Néri décide alors de reprendre la fabrique Et il y instaure le lean management : un terme qui signifie "ressources humaines sur mesure et responsables".

En pratique : il y a le moins de chefs possible, et une implication maximale des salariés.

Au départ, les mesures sont drastiques : ça commence par des licenciements. Sur ses 20 cadres, Eric Néri n'en garde qu'un.

Avant, sur les lignes de fabrication, il y avait des contremaîtres. Aujourd'hui, c’est terminé.

Avant quand il y avait un problème avec le fil qui cassait, c’était la monitrice qui comptait les arrêts et rapportait les accrocs. Aujourd'hui, ça aussi, c’est fini.

Et puis surtout, avant, les chefs et les salariés ne se parlaient pas. Comme dit Néri : ce n’était pas dans la tradition de l’entreprise. Lui d’ailleurs, venait voir les ouvriers une fois par an, il leur expliquait le bilan de la firme et puis voilà. Mais depuis 2008, tout a changé.

Aujourd’hui, du fil, on n’en fabrique plus en France. Il faut donc l’importer. Mais il n’est pas toujours de bonne qualité et souvent il casse. Alors pour trouver le bon, il faut que tout le monde observe, et note ses remarques. Et c’est ainsi que tous ensemble, ils choisissent leur fournisseur. Une première façon un peu timide mais efficace de responsabiliser tout le monde.

Avant, les commandes avaient aussi beaucoup de retard et si un client appelait pour savoir en où en était sa livraison : "aucune idée, on peut pas vous renseigner !"

Là encore, Néri a instauré un système tout simple, un tableau avec trois codes couleur:

  • Vert : prêt à livrer.
  • Orange : en cours de fabrication.
  • Rouge : alerte, commande en retard.

Le tableau est au coeur de l’entreprise et désormais tout le monde est au courant des urgences et des ratages éventuels.

Résultat : les retards sont passés de 15% à 5% ! Échecs et réussites assumées et vécues collectivement. Le chiffre d’affaires est reparti à la hausse : 5, 5 millions d’euros en 2015… Et les bénéfices sont dans le droit fil : ils ont repris depuis deux ans.

Aujourd’hui l’entreprise compte 34 salariés. Et les trois dernières recrues avec un peu de responsabilités pour les coloris, les normes à respecter ainsi que la recherche et développement sont des femmes.

« La qualité de vie au travail comme levier de compétitivité » c’est un rapport de la fabrique de l’industrie, avec Terra Nova et le réseau Anact-Aract .

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