La défiance des citoyens vis-à-vis de leurs représentants est à son plus haut niveau, la question de l’abstention s’impose à chaque élection.

Le " liberté living lab", nouveau lieu de la Civic Tech (Paris, octobre 2016)
Le " liberté living lab", nouveau lieu de la Civic Tech (Paris, octobre 2016) © Maxppp / Bruno Levesque

On peut clairement parler de crise démocratique à laquelle des acteurs du web ont décidé de s’attaquer.

On ne parle pas ici des réseaux sociaux, des forums, des plateformes de vidéo ou de la stratégie 2.0 des candidats mais d’un mouvement civique numérique : la Civic Tech pour technologie civique. Pour être tout à fait précis on parle de la « Civic Tech » pour le mouvement, la dynamique, et des « Civic Tech » pour les acteurs qui en font partie.

Il s’agit en fait de sites internet et d’applications souvent très différents les uns des autres mais avec un dénominateur commun : ils proposent tous des services et des outils qui visent à accroître la participation citoyenne à la vie publique, l’accès et la transparence des données gouvernementales mais aussi l’engagement citoyen dans la vie politique. C’est un mouvement assez récent qui serait né aux Etats-Unis et que la France aurait vu émerger il y a un peu plus de deux ans.

Plusieurs dizaine d’acteurs en France avec presque autant d’outils et de services

Une offre très variée avec quelques exemples significatifs du secteur pour vous faire une idée :

- On considère que la très connue plateforme de pétitions en ligne Change.org peut être rattachée au mouvement. Elle permet à tout particulier de lancer une pétition mais aussi dans certains cas aux responsables politiques de répondre et donc d’échanger avec les pétitionnaires

- Le site Parlement et Citoyens met autour de la table numérique des citoyens et un parlementaire qui accepte de jouer le jeu pour co-rédiger une proposition de loi.

- Dans un autre registre : Bouge ma Ville : une application qui permet aux habitants d’une ville de signaler un problème dans leur commune ou de formuler une demande d’information.

Les initiatives sont assez innovantes avec un enjeu désormais : rassembler suffisamment de citoyens pour peser dans le débat démocratique, mais aussi pour que les représentants politiques les prennent au sérieux. Il y a déjà des acteurs publics qui se sont intéressés à ces outils participatifs numériques, avec d’abord la loi du 7 octobre 2016 sur la République numérique qui avait inclus un processus de consultation en ligne des citoyens pour la première fois dans la procédure législative. Le Gouvernement avait alors avancé 21 000 contributeurs pour 147 000 votés exprimés. Et au final 5 articles seraient directement issus de cette consultation mais également 90 modifications du texte initial.

Et puis dans un autre registre il y a le développement un peu partout en France des budgets participatifs locaux qui permettent aux citoyens de décider d’une partie du budget de leur ville, le plus souvent 5% du budget d’investissement. C’est surtout depuis les municipales de 2014 que ce mécanisme a émergé dans des villes de différentes tailles : Grenoble, Mets, Reims ou encore Paris.

►► Plus d'information sur la Civic Tech sur civictechno.fr.

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