Demain s’ouvre à Bamako et pour deux jours le sommet Afrique-France. L’occasion de mettre en lumière ce leader de la vente en ligne qui décolle en Afrique : JUMIA.

Commerce en ligne en Afrique
Commerce en ligne en Afrique © Maxppp / Philippe Turpin

Et si demain, c’étaient des Français qui créaient l’Amazon de l’Afrique ? Qui allaient chercher les produits chez Décathlon, chez L'Oréal, ou Pampers dans les usines occidentales et qui les livraient à domicile, parfois même au fin fond de la brousse au Nigéria, en Côte d’Ivoire en Afrique du Sud ?

Jumia c’est ça. 3 millions de transactions l’an dernier. Une société allemande dirigée par deux jeunes Français : Sacha Poignonnec et Jérémy Hodara.

Mais se frotter au commerce en ligne en Afrique ça veut dire une série de contraintes dont Amazon n'a même pas idée.

Un exemple: comment faites-vous pour livrer dans un pays où même la classe moyenne n’aime pas la carte bleue ? On paye à la livraison et en liquide, partout, tout le temps.

Selon les dirigeants de l’entreprise, ce ne serait pas vraiment un problème. Les billets ne disparaitraient pas dans la nature.

Car chez Jumia, vous explique-t-on, les embauches, mêmes précaires, se font par connaissance, et pas question de ternir sa réputation en cooptant un copain voleur.

Alors Jumia paye à la journée ou à la semaine ses propres livreurs équipés d’un portable maison. Des milliers de livreurs aux couleurs du commerçant franco-allemand

Autre contrainte propre à l’Afrique : le recrutement des cadres intermédiaires. Pour trouver des juniors à embaucher, c’est facile. Les jeunes qui sortent des universités locales sont très bons et extrêmement motivés.

Pour les seniors, les Français ont affaire à des cinquantenaires qui sont souvent passés par les Etats-Unis. Quand ils reviennent au pays là encore c’est donc avec une valeur ajoutée. Le hic c’est entre les deux. Des trentenaires quarantenaires qui ont fait la preuve de leur compétence, fiables, et qui peuvent encadrer des équipes.Là ça manque.

Mais le plus dur c’est sans doute l’instabilité économique. On a beau être en Afrique, l’activité c’est les montagnes russes.

Le Nigéria, locomotive africaine qui va soudainement connaître une crise, le pétrole qui n’arrive plus pendant deux semaines, et c’est un coup d’arrêt aux livraisons de Jumia.

C’est ce qui explique en partie pourquoi après quatre ans l’entreprise n’est toujours pas bénéficiaire.

Les investissements, sont toujours très lourds et les retours un peu lents. Mais nos deux Français sont confiants.

Deux solides actionnaires Orange et Axa les soutiennent. Eux aussi proposent leur produits en ligne: portables et contrats d’assurance.

Deux produits extrêmement populaires auprès de la classe moyenne africaine.

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