Aujourd’hui s’ouvre à Paris le salon Première Vision qui regroupe les professionnels de la mode.

C'est l’occasion de mettre en lumière de nouvelles techniques de fabrication plus propres.

Et si demain votre blue jean était vert ? C’est à dire écolo. 

Et si demain, il ne fallait plus des milliers de litres d’eau pour en délaver un, ou des teintures toxiques pour lui imprimer son bleu ? Sans compter la touche finale, les jets de sable à haute pression pour le vieillir, processus très dangereux pour les ouvriers.
Depuis près de trois ans maintenant, une entreprise propose une alternative.
Tavex, usine espagnole installée au Maroc. Là bas, à Settat, au sud de Casablanca, le coton utilisé est labellisé BCI, c’est à dire Better Cotton Initiative, et provient du commerce équitable. A ce stade, pour imprimer l’indigo sur la fibre vous auriez besoin avec la méthode classique de 12 000 litres d’eau par jean.

Ici pas la peine, le bleu se fixe directement sur le coton. Ensuite, il faut délaver, là pas question de sable, on utilise un traitement au laser.

Chez Tavex on fabrique ainsi 12 millions de jean par an, dont 10 millions sont écoulés en Europe en Italie en France et en Espagne et 2 millions en Tunisie et au Maroc. 

Et derrière Tavex, ses 550 salariés et ses 40 millions de chiffre d’affaires par an, vous retrouvez les plus grandes marques: _Diesel, Replay, Hugo Boss, Tommy Hilfiger…
_Donc vous portez peut-être un jean écolo sans le savoir. Avant si vous portiez un jean écolo on l’aurait tout de suite repéré : la coupe un peu trop large, la couleur pas bien délavée. Votre petit côté Larzac nous aurait sauté aux yeux et on vous aurait peut-être laissé marcher un peu plus loin.
Mais aujourd’hui, les jeans verts sont aussi bleus et bien coupés que les autres. Impossible de faire la différence. Et les marques diversifient leur approvisionnement. Elles achètent à la fois des jeans qui polluent et les jeans écolos. Pour elles, les seconds ne coûtent pas beaucoup plus cher : un jean co-responsable c’est 15 à 25 centimes supplémentaires.

A ce compte là on devrait en trouver plus dans nos magasins. Tavex qui n’est pas seul sur ce marché écolo, serait partant pour en fabriquer plus.

Pour l’instant le jean éco ne représente que 5% de sa production mais paradoxalement les marques ne mettent pas en valeur leur côté bio.

Pas d’étiquette. Pas de label spécial vert.

Pour que demain elles mettent en valeur des qualités qu’elles ont parfois déjà, il faudrait juste que nous montrions que ça compte pour nous en tant que consommateur.

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