Mise en lumière ce matin d'une tendance: la naissance en France et Outre-Atlantique de mouvements de corporate hackers, des rebelles créatifs.

Et si demain vous piratiez votre entreprise? Et si demain, vous arrêtiez de respecter les règles?

Pourtant pour activer votre projet Il faudrait passer par le bureau B12. Faire valider au 2ème. Attendre que le N + 3 revienne de RTT. Et surtout faire tamponner par votre N + 1 qui veut contrôler ce processus mais qui reporte sans cesse vos RDV parce qu’il est débordé. Qu’importe. Vous, vous court-circuitez la hiérarchie.

Et vous faites un énorme bas d’honneur, symbolique évidemment aux collègues qui vous dévisagent à la cantine, et qui jamais au grand jamais osé commettre un crime de lèse-majesté pareil. Sauf que vous c’est priorité au projet.

C’est ça le piratage d’entreprise. Une rébellion discrète de plus en plus organisée et qui porte désormais des noms.

Vous avez REBELS AT WORK aux Etats-Unis. En France, ce sont les Hacktivateurs, fondé par un expert en innovation chez Safran, petite groupe industriel et technologique de 66000 salariés à travers le monde. Corporate Hackers ou encore le WHAT: le Women Hackers Action Tank.

Hacker- Pirate: on pense évidemment au piratage informatique

Parce que dans l’esprit il s’agit de ça: obtenir plus vite les informations qui vous vont permettre de construire. Transgresser pour l’intérêt général ça veut dire quoi?

Cela va être passer par les réseaux sociaux pour communiquer sur une réalisation et pas par la comm’ interne de l’entreprise par exemple. Ce qui par la même occasion va mettre en lumière tout ce qui fait obstruction, ce qui ralentit ce qui dysfonctionne. Bref, une désobéissance polie mais têtue. D’où l’importance capitale de se regrouper pour ne pas se retrouver caricaturé en paria ou ostracisé.

Autre exemple mis en place par une ancienne de chez AXA banque, une autre grosse structure. La manière de rétribuer de récompenser ses confrères et consoeurs: cela s’appelle « I tag you » un système de points en signe de reconnaissance...

Dans le droit fil de cette logique on peut alors imaginer qu’une prime pécuniaire ne soit pas validée par la hiérarchie mais par la base, et moins de pouvoir pour le chef.

Ce qui nous rapproche d’ailleurs d’un système qui existe déjà et dont je vous en ai déjà parlé ici ça s’appelle l’holacratie, la suppression de la hiérarchie en entreprise.

Alors si un jour le piratage devenait institutionnel? Il n’y aurait plus qu’à pirater le piratage.

►►Pour aller plus loin : retrouvez le dossier complet sur le piratage d’entreprise à retrouver dans le trimestriel Socialter.

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