Organovo est une entreprise de bio-technologies américaine dont la spécialité peut surprendre: il s’agit d’imprimer de la peau.

Détail de peau humaine jeune
Détail de peau humaine jeune © Getty / Ute Grabowsky

Et si demain on changeait de peau ? Pour commencer si on imprimait des échantillons de sa propre peau?

C’est le fond de commerce d'Organovo, la jeune pousse californienne de 100 salariés qui cartonne au NASDAQ. Elle mélange une encre biologique avec nos cellules, ce qui forme, centimètre carré par centimètre carré, de la peau humaine.

L'intérêt pour l’industrie cosmétique, c’est de pouvoir réaliser un maximum de tests, sans animaux, avec une sécurité maximale pour nous. Et c’est pourquoi depuis deux ans, Organovo fournit L’Oréal en échantillons d’épiderme. La marque veut personnaliser au maximum nos crèmes hydratantes :

se mettre dans notre peau pour pouvoir nous vendre le produit qui correspond le mieux à notre âge ou à nos origines ethniques. Un secteur de pointe en pleine émergence.

Aujourd’hui dans le monde, en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, il existe en tout et pour tout 25 jeunes entreprises sur ce créneau : un marché estimé à une dizaine de milliards d’euros. Et la France n’est pas en reste.

A Bordeaux, Poietis - avec ses 21 salariés, en grande partie des bio-ingénieurs - fait partie des entreprises très innovantes dans le secteur. Elle fabrique de la peau avec des cellules et une imprimante 3D.

Quand Fabien Guillemot, son patron a commencé il y a un an, son chiffre d’affaire pouvait sembler modeste : 126 000 euros… Mais un an plus tard, la petite start up a réussi sa mue dans le monde du commerce. Son chiffre d’affaires en 2016 est de 450 000 euros. Et elle a l'ambition d'arriver très vite au million. Et il y a quelques semaines Poietis aussi a signé avec L’Oréal.

Enfin, dernière preuve que le secteur est en train de décoller: l’an dernier pour le congrès qui rassemblait les professionnels du secteurs, il y avait 65 personnes à Bordeaux. Cette année aux Etats-Unis c’était déjà 450.

Mais le défi ne s’arrête pas à la cosmétique : quand on pense seconde peau, on pense grand brûlé. On pense greffe. Et là, en matière de santé publique, les enjeux sont colossaux. Et c’est là que l’on retrouve nos bio-ingénieurs de chez Poietis.

En parallèle de leurs engagements dans le privé, ils travaillent en partenariat avec l’AP-HP, notamment avec l’hôpital Paul Brousse à Paris. Pour l’instant, leurs études portent sur la bio-impression de tissu hépatique, c'est à dire tout ce qui concerne le foie. Mais toujours selon Fabien Guillermot, le patron de Poietis, on devrait arriver à fabriquer de la peau d’ici 4 à 5 ans.

Alors les enjeux éthiques à la clé peuvent donner le tournis : à quel prix fixer la peau ? Quand on voit s’envoler le prix des actions d’Organovo, il vaut mieux parier sur le fait qu’elles vont avoir la peau dure ces jeunes petites pousses.

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