Cette semaine s’ouvre le festival de Cannes où vont se masser des acteurs. Acteurs qui possèdent pour certains, un double virtuel. 

Dane DeHaan Cara Delevigne
Dane DeHaan Cara Delevigne © Getty / Jason LaVeris

Et si demain les films se tournaient sans les acteurs ? Enfin sans les acteurs en chair et en os.

Oubliés les caprices, les retards, les exigences extravagantes ! Les stars ont désormais des doublures corvéables à merci : leurs copies virtuelles.

Dernier exemple en date : les deux héros de Valérian, le film de Luc Besson qui sort le 26 juillet prochain. Pour lui Dane DeHaan et Cara Delevigne sont tous les deux passés au scanner. Vous avez besoin d’un raccord ? C’est pratique : vous sortez la doublure de l’ordinateur. Exactement comme dans ce film d’Ari Folman sorti en 2013. _Le Congrès_, c’est tiré d’un livre de Stanislas Lem, auteur de science fiction, qui va même plus loin encore… L’histoire c’est celle de Robin Wright, actrice en perte de vitesse. A qui, un jour, son agent fait cette proposition.

Comment fait-on un double virtuel ?

Et comment on s’y prend pour scanner une personne ? Chez Eisko, par exemple, spécialisé dans ce domaine à Paris, on glisse le visage de la personne dans une sorte de boule à facette géante. Une sphère à 20 faces, un icosaèdre pour parler le langage du métier.

C’est un assemblage de caméras qui va prendre les photos en même temps. C’est l’opération de capture et ça va prendre environ une demi-journée : ça c’est l’opération basique, pour une image virtuelle statique.

Maintenant, s’il faut que le modèle bouge, il va falloir récupérer l’intégralité du champ expressif de la personne. Pour ça il va falloir mettre en route les 104 muscles de son visage : Eisko va alors capter ses émotions : joie, tristesse, colère, etc. Mais aussi tous ses phonèmes : la tête qu’elle fait quand elle fait "ma", "me", "mi", "mo".

L’objectif c’est de constituer une véritable bibliothèque de ce visage. Aujourd’hui seul deux Français se seraient prêtés au jeu. Michael Lonsdale, pour les besoins de l’école Méliès ou Antoine de Caunes pour son émission du samedi soir : un supermorphing qui n’a rien de réaliste.

Mais qui sait, un jour, enverra-t-il peut-être son double faire l’émission sans que personne n’en sache rien.

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