Aujourd'hui s'ouvre pour trois jours le salon de la silver économie. C'est l'occasion de mettre en lumière une initiative lancée par une entreprise sociale et solidaire.

Des cours en ligne pour vous permettre de pratiquer chez vous.
Des cours en ligne pour vous permettre de pratiquer chez vous. © Getty / Hero Images

Et si demain, vous aviez sport à domicile ? Mais pas avec un coach très cher qui viendrait en personne. Avec un vrai prof de sport, qui apparaîtrait, dans votre salon sur la télé, pour 10 euros.

A l’heure de la séance, la télé s’allumerait toute seule et le cours pourrait commencer.

Par le biais d’une web cam, branchée sur une box spéciale, il vous entraînerait et corrigerait vos mouvements. Et vous ne seriez pas tout seul en tête à tête : d’autres élèves répartis à travers la France se seraient eux aussi donné rendez-vous à la même heure.

C’est ce que va, dès 2017, proposer la société v@s-y. Au départ, elle a été montée par quatre enseignants en activité physique adaptée : des profs de sport spécialisés dans le domaine de la santé. Il s’agissait, au départ d’accompagner des malades du cancer. L'histoire a commencé avec des enfants, au CHU de Nancy. L’équipe médicale a voulu montrer que les enfants malades, maintenus en chambre stérile avaient, eux aussi, besoin de sauter, de bouger et de jouer, et que cela faisait partie intégrante du traitement.

Les enfants voulaient jouer au volley ? Les sportifs soufflaient dans un gant stérile et ils en faisaient un ballon.

Ils voulaient jouer au football ? Deux bouteilles de détergent jouaient le rôle des poteaux de buts. Ils mettaient les draps stériles par terre pour en faire le terrain de foot, puisqu’il ne fallait pas que les petits malades soient en contact avec le sol.

Mais le hic c’était quand les enfants rentraient à la maison. Enfant malade rimait alors avec télé et console et c’est ça que v@sy a voulu corriger en innovant, avec cette box particulière.

Aujourd’hui, en France, v@sy entraîne 2700 personnes, jeunes et moins jeunes atteintes de cancer ou d’autres pathologies.

Essentiellement pour qu’elles ne lâchent pas leurs efforts lors des séjours à la maison. En attendant, de cette activité sont nés 7 CDI et un chiffre d’affaires de 400 mille euros.

Dans le domaine de la santé publique, cette innovation est accueillie avec scepticisme par les médecins généralistes, mais avec enthousiasme par les spécialistes, même si l’INSERM - l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale - a déjà écrit un long rapport sur les bienfaits du sport sur la santé publique il y a quelques années, et donc aussi sur les comptes de la Sécurité Sociale.

Les mentalités évoluent lentement, mais peut-être que demain, le sport sur ordonnance avec le prof à la télé sera remboursé par la Sécurité Sociale.

Il y a quelques mois l’AP-HP, l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris a signé une convention : les personnes souffrant de maladies chroniques peuvent se faire rembourser leur cours de sport prescrites par ordonnance.

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