Chaque année, un tiers de la production de nourriture produite au niveau mondial qui est gaspillée. Si les mentalités évoluent en France, dans les faits il y a encore du chemin…

Chaque année, un tiers de la production de nourriture produite au niveau mondial qui est gaspillée.
Chaque année, un tiers de la production de nourriture produite au niveau mondial qui est gaspillée. © Getty / Peter Dazeley

Changement d’habitudes, de rapport à la nourriture et peut être aussi prise de conscience. Pour se convaincre de l’urgence il suffit d’aller sur le site de l’ADEME (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). A chaque repas pris à la maison on jette en moyenne 34 grammes de nourriture, c’est deux fois plus qu’il y a 30 ans et cela représente une perte nette de 400 euros par an pour une famille de quatre personnes. Et bien sur ce grand gaspillage a des conséquences :

  • environnementales : on produit pour rien en utilisant des ressources naturelles et avec un impact carbone considérable (il faut 200 litres d’eau pour produire une baguette de pain) ;
  • financières : ce qui est vrai pour une famille l’est aussi pour une entreprise de restauration ou la cantine d’une collectivité ;
  • sociales : on estime que l’équivalent de 20 milliards de repas sont gaspillés chaque année en France, plus qu’il ne faudrait pour mettre fin à la précarité alimentaire qui concerne près de 6 millions de français.

Le gaspillage alimentaire est un fléau qui concerne toute la chaîne alimentaire et tous les acteurs. Production, transformation, distribution ou encore consommation, à chaque étape son lot de gaspillages. On parle d’ailleurs assez peu des mauvais chiffres de la restauration commerciale ou collective mais la riposte semble s’organiser progressivement sur ce point.

D’abord avec des initiatives comme Bon pour le climat: un réseau de plus de 200 restaurateurs qui proposent chaque jour une entrée, un plat et un dessert produits selon un cahier des charges précis: des produits frais de saison et locaux, le végétal au cœur de l’assiette et la viande à la marge, le tout produit avec le souci constant de ne pas gaspiller.

On parle aussi des « doggy bags » ou « gourmets bags » permettant de repartir du restaurant avec ce qu’il restait dans notre assiette, c’est mieux que de jeter même si pour certains spécialistes autant d’emballages pour si peu de nourriture: cela pose question.

Un dernier exemple : suite au refus des sénateurs d’imposer 20% de bio dans les cantines, la petite ville de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) a réagi en instaurant le 100 % bio pour les enfants qui sont constamment sensibilisés aux enjeux du gaspillage alimentaire.

De plus en plus de start-up proposent leurs services avec en ligne de mire la lutte contre le gaspillage alimentaire et nous faire faire des économies au passage. C’est le cas d’Optimiam, par exemple, qui est une application qui vous met en relation avec des commerçants de votre quartier qui proposent des offres de dernière minute sur des produits frais qui ne pourront pas attendre le lendemain pour être consommés. Cela évite au professionnel de jeter et donc de gaspiller et cela peut permettre de faire de bonnes affaires. Sandwiches, Viennoiseries ou Pizzas à -30 % en moyenne c’est pas mal !

Vous avez depuis peu l’appli Too good to go sur le même registre avec des repas surprise à 4 euros. Après la question que l’on peut se poser: est ce que certaines de ces applications ne mettent pas aussi en scène, parfois, des promos déguisées sous couvert de lutte contre le gaspillage alimentaire, mais ça c’est une autre histoire !

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