Une nouvelle étude réalisée par la City University of London, vient de sortir. Conclusion: le robot-journaliste ce n’est peut-être pas pour demain.

C’est peut-être pas pour demain, parce que c’est déjà le cas aujourd’hui. Le robot-journaliste, il est déjà dans plusieurs rédaction

A l'agence Reuters, c'est Wibbitz qui met en ligne les petites vidéos. Cette jeune pousse Israélienne transforme automatiquement les mots en images.

Wibbitz et Reuters sont partenaires depuis septembre. Wibbtz qui est partenaire de TF1 également depuis juillet. Pas besoin de monteur, pas besoin de journaliste, Wibbitz se connecte à une banque de données. Et voilà votre petite vidéo d’une minute, essentielle pour être visible sur les réseaux sociaux.

Au Los Angeles Times en Californie, c’est Quakebot, un algorithme qui rédige une partie des infos quotidiennes. Chez Associated Press, on a Wordsmith, le super-tâcheron. Lui est en charge d’un des aspects les plus rébarbatifs du métier: les rapports trimestriels des grands groupes.

Et puis, pour les résultats des élections cantonales, il y a deux ans, Le Monde s’est donc déchargé sur Data2Content pour les compiler. Même la BBC lors de derniers J.O a confié une partie du boulot à un ordinateur, sans que toute la rédaction ne soit forcément au courant.

Le professeur Neil Thurman de l’Université de Londres a donc décidé de pousser expérience: il a mis au point un robot qu’il a nourrit de données. Pendant trois heures il a enfermé avec lui nos confrères - consentants, je vous rassure. Des reporters de terrain, des journalistes sportifs, spécialisés dans les faits divers, des rédacteurs en chef, de télé de radio et de presse écrite…

Leur mission: superviser l’article écrit par le robot à partir de données chiffrées fournies par la police Londonienne ou encore par Pôle Emploi.

Et cela donne deux articles arides, avec en plus une bonne grosse erreur : la conclusion que tire le robot de tous ces chiffres, c’est que la criminalité a baissé au mois de février, par rapport à décembre. Il avait juste oublié qu’il y avait moins de jours!

Un humain n’est pas non plus à l’abri de ce genre d’erreur, mais dans ce cas de figure tous les journalistes sont sortis de là avec un gros "OUF" de soulagement.

Il était loin d’avoir sa carte de presse le robot. Ce qui lui manquait, c'est le flair, le nez pour sentir le sujet, chercher l’histoire derrière les chiffres, le off derrière les citations officielles, les sources multiples et croisées… Bref tout ce qui fait le sel d’un papier d'un vrai journaliste. En matière de robot journalisme, demain ce n’est donc pas complètement pour aujourd’hui.

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