L’association Danielle Mitterrand France Libertés dévoile un rapport alarmant sur la Stevia, cet édulcorant à la mode dans notre alimentation.

Stevia
Stevia © Getty / Flowerphotos

La stevia, on en trouve absolument partout : dans les boissons, yaourts, sauces, desserts, et bien d'autre.

En l’espace de six ans, elle a complètement détrôné l’aspartame et la saccharose, ses ex-concurrents.

De cette plante qu’on trouve à l’origine en Amérique du Sud, les deux géants du coca ont même fait un argument de vente pour leurs dernières innovations :

Coca Cola avec son Coca Life et Pepsi avec Pepsi Next. Jusqu’à 40% de calories en moins nous disent les firmes, avec à l’appui sur l’emballage, une belle feuille de stevia.

Sauf que derrière la pub, se cacherait une réalité bien moins verte, et bien moins respectueuse de l’environnement. Il s’agit d’un peuple: les Guaranis. Un peuple d’Amazonie qui auraient bien plu à Jacques Chirac, avec leurs parures en plumes de perroquet.

Sauf que leur drame, c’est qu’ils ont découvert, connu et consommé la stevia il y a bien longtemps. Elle est leur plante sacrée, celle des cérémonies des fêtes des rituels et celle qui guérit. De ses vertus, ils ont fait un savoir millénaire, transmis de génération en génération.

Et ils ont révélé aussi aux multinationales occidentales, secret partagé à l’origine de grands bénéfices. On estime aujourd’hui entre 7 et 10 millions de dollars le chiffre d’affaires réalisé avec les glycosides de stéviole, les molécules issues de la stevia.

Mais ce savoir, il leur a été pillé. Pour avoir accès aux arbres qui produit la substantifique moëlle de la stevia, ils se sont fait déloger avec beaucoup de violence. Or l’exploitation, à des fins commerciales d’un savoir indigène porte depuis quelques années un nom:ça s’appelle de la bio-piraterie. Il y a eu quelques cas très médiatisés en Inde notamment.

Or légalement, les peuples à l’origine du savoir ont droit à certaines retombées financières.Surtout quand il bénéficie à toute l’humanité.

Mais le rapport de France Libertés, met aussi en lumière d’autres pratiques.

Aujourd’hui il existe au moins trois grandes multinationales qui produisent de la stevia de synthèse. Qui dit stevia de synthèse dit donc, demain, la fin du marché des feuilles de stevia pour nos Guaranis.

Quant au consommateur, on le prend pour un cornichon car il n’a aucune idée de ce qu’il consomme.On le trompe régulièrement avec des mentions trompeuses: « naturel » « extrait de stevia ».

Pour lutter contre ces dérives, et c’est une grande première, les tribus Guaranis se sont donc unies et elles ont formulé toute une série de revendications : l’arrêt des violences contre leur peuple et un partage des avantages commerciaux : 1% du chiffre d’affaire des entreprises qui exploitent leur connaissance.

France Libertés, avec d’autres associations européennes a aussi demandé aux multinationales plus de transparence sur leurs produits. La bonne nouvelle c’est que certaines grandes marques ont répondu favorablement à leurs demandes. C’est le cas de Nestlé notamment ou même Carrefour.

En revanche Coca Cola et Pepsi sont mauvais joueurs, selon ce rapport et jusqu’à nouvel ordre, chez eux, la transparence sur leur stévia n’est pas pour demain.

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