Cannes, c’est aussi un marché de la musique de film, avec un métier encore rare en France : superviseur musical.

Superviseur musical ou l'art de jongler avec les personnalités artistiques et les contrats
Superviseur musical ou l'art de jongler avec les personnalités artistiques et les contrats © Getty / Jamie Jones

Et si demain c’était vous qui donniez le LA des musiques de films ? Le do et le ré aussi parce que c’est tout un métier : celui d’Alexandre Mahout, qui dirige la « structure musique » par exemple chez Europacorp. Lui, qui, à la tête d’une équipe de 4 personnes s’est occupé de toute la bande originale du film Valérian.

En quoi ça consiste ?

Avant tout il s'agit de négocier des droits. Convaincre Paul McCartney et Apple Corp de lui céder le titre Because par exemple. Les Beatles ont toujours refusé que l'on utilise une de leur chanson pour une bande annonce de film. Mais à Alexandre Mahout, Apple Corp a fini par dire oui.

Son boulot à Mahout, c’est aussi de demander au compositeur Alexandre Desplat d’enregistrer, en février dernier au studio 104 de la Maison de la Radio avec les 96 musiciens de Radio France, la musique spécialement écrite pour le film.

Ou encore de découvrir un jeune talent de 23 ans, Alexiane, lui faire enregistrer un titre…Et obtenir de la radio NRJ qu’elle le diffuse un peu régulièrement avant la sortie le 29 juillet prochain. Comme un appât, vous avez autre chose que l’image pour vous attirer vers les salles.

Et les budgets ?

Pour toutes ces missions c’est entre 0,2 et 0,8% du coût total du film, bien moins qu’aux Etats-Unis. En l'occurrence pour un des films les plus chers au monde comme Valérian, 200 millions d’euros, cela donne autour de 2 millions pour la musique.

Gros investissement mais l’objectif c’est de faire une belle culbute avec la vente de disques non ? Mais pas du tout…il n’y a aucune stratégie commerciale. En tout cas, c’est qu’on nous répond chez Europacorp quand on pose la question.

La création avant tout ?

La priorité des priorités c’est la création bien sûr. Que les notes choisies illustrent au mieux la séquence.

En vérité ce sont avant tout les maisons de disques qui ont intérêt à voir se développer ces superviseurs musicaux. Une réponse au piratage. Placer dans un film une chanson connue ou moins connue c’est l’assurance de toucher des droits. Ce qu’on appelle dans le jargon la synchronisation.

Une pratiques très répandue depuis des dizaines d’années aux Etats-Unis mais assez récente en France. Et sachez, pour ceux qui sont jeunes et aiment la musique que le secteur recrute pour aujourd’hui et pour demain.

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